Le Temps (21 déc
fondation d'un laboratoire de psychologie zoologiqiie au Muséum : « Nous voyons maintenant le Muséum d'histoire naturelle de Paris donner asile à un laboratoire de psychologie zoologique. Vocable assurément nouveau, mais établissement peut-être rêvé par Descartes, qui y serait sans doute venu, comme il l'écrivait au P. Mersenne « anatomiser les têtes des divers animaux », pour expliquer en quoi consiste l'imagination et la mémoire. Sur son frontispice, on pourrait graver cette phrase de Montaigne : « La présomption est notre maladie naturelle et originelle... C'est par vanité que l'homme s'attribue des conditions diverses, qu'il se trie sur lui-même et sépare de la masse desautres créatures, taille des parts aux animaux ses confrères et compagnons... >i Le D'" Bordier allait un peu vite en parlant du « frontispice » du nouveau laboratoire; de frontispice, il ne fut jamais question, et nous n'avons jamais disposé au Jardin des Plantes que de locaux fort primitifs; mais les bases d'un laboratoire n'en furent pas moins établies à cette époque.
Tout parc zoologique destiné non à l'amusement, mais à l'étude, devra comprendre, dans l'avenir, une organisation permettant d'étudier les moyens de locomotion, la machine musculaire des animaux en mouvement et de pratiquer sur eux des expériences de psychologie. C'est cette idée qu'a naguère reprise et défendue avec talent dans un mémoire officiel, le D'' Loisel, de la Sorbonne, qui d'ailleurs réclamait déjà depuis longtemps des facilités pour les chercheurs désireux d'étudier les phénomènes de la biologie générale au Muséum.
A la ménagerie du Jardin des Plantes nous dûmes, le plus souvent, nous contenter de travailler dans les cages ou parcs habités par les animaux. Aussi en attendant la construction d'un laboratoire spécial et commode, trouvâmes -nous utile de commencer, parallèlement à ces difficiles essais, d'autres expé-