Lamarck. Discours d'ouverture
ÉVOLUTION DE l'oRGANE ET Ï'E LA FONCTION 129
et de discussions : « la volonté ». lia tenté de prouver qu'en dehors de l'action directe des af^^ents physi(|nes et chimiques, les animaux doivent leurs modilications « à des causes résidant en eux-mèines ». à leur propre manière d'agir sons la direction de leur volonté, considérée comme un pouvoir très indépendant i. Ed. Perrier va jusqu'à écrire à pro[)OS des marsupiaux : f« C'est plutôt par suite d'un refus de la lutte que par suite d'une défaite dans une véritable bataille que les f rôles ont été répartis au point de vue de l'alimentation, entre les marsupiaux ))2. Ainsi, d'après cette théorie, 'c'est parce que ces animaux, après mûre réflexion, ont compris (en dehors de toute expérience matérielle) qu'ils auraient avantage à agir de telle ou telle façon, qu'ils l'ont fait; et la conséquence de leur détermination a été leur transformation par voie d'adaptation. Leur « volonté » les dirige et. par conséquent, dirige révolution en souveraine.
Nous avons essayé de montrer les dangers de cette manière de voir : u La volonté, disions-nous dans un précédent mémoire 3, devient d'après les vues audacieuses des partisans de Fautomorphose, le plus puissant des agents d'évolution; les modifications des organismes ont, dès lors, pour cause l'intelligence, inséparable de la volonté, et particulièrement une des opérations de l'intelligence, V abstraction; car ce serait seulement par un travail intellectuel de dissociation de ses connaissances, que l'animal, agissant volontairement, pourrait sortir du cercle de ses habitudes ». La « pensée » prêtée gratui-
1. « Certains animaux sont capables de se soustraire à l'action du milieu. » Ed. Perrier, les Colonies animales. Sans doute ils peuvent vivre malgré l'action nocive du milieu, en s'adaptant sur place ou en quittant ce milieu; mais c'est là une laçon directe ou indirecte de subir l'action de ce milieu.