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LoEB, La Dynamique des phénomènes de la vie, p

ii::s n.vniTi'DEs et des instincts

lants sont nécessaires ». (P. 258.) Cependant, pourraiton objecter, à chaque instant, l'on constate qu' « au début ». une excitation isolée peut déterminer à elle seule une réaction, qu'un coup de fouet, une excitation calorirKjue ou chimi<pie, peuvent séparément déclanclier une réaction ; et ce n'est que plus tard que d'autres excitations, éveillant des sensations représentatives (qui s'associent par récurrence successivement à la première), peuvent déterminer la même réaction. La dynamogénie passe de l'une à l'autre, et une seule des sensations peut toujours suffire k déterminer la réaction.

D'ailleurs, en énonçant sa « loi » des associations, Bohn oublie de nous dire dans quel ordre se produisent les excitations ; la sensation d correspond-elle à la première excitation, ou bien est-ce a? Gomme la sensation d est suivie de la réaction, on pourrait croire qu'elle a été la première donnée; mais les signes -|- allant de a vers d, indiquent le sens contraire. Quoi qu'il en soit de cet oubli, nous allons voir que Bohn n'admet, en tout cas, ni que les associations se font dans l'ordre des excitations, ni qu'elles sont déterminées dans l'ordre contraire (réucrrence) -, il admet des associations en zigzag, si l'on peut dire. C'est l'association non déterminée par la contiguïté des excitations, avec brisures de la chaîne... Voici comment se produirait ce phénomène des plus curieux : nous avons d'abord a-\-b-{-c-\-d>r, toutes ces sensations sont nécessaires ; il faut que les excitations extérieures correspondantes soient données ; puis la dynamogénie passe tout entière aux sensations a + A -j- c (prises ensemble); puis aux sensations a -j- 6 (cest donc supprimée) ; puis k a -\- c {b est donc supprimée) puis à a-\-c (c reparaît, on ne sait pour quelles raisons).

Bohn ne dit pas quelle est l'influence qui force l'organisme à sauter ainsi des maillons psychiques, I)uis à les reprendre par la suite... Ce serait cependant

sur ce fait que reposerait, selon lui, la « simplification » dans le temps des phénomènes associatifs; et celle-ci expliquerait l'anticipation.

Ce fonctionnement ne repose, nous l'avons dit, sur aucime observation ; nous ajouterons qu'il est inconcevable a priori.

§ 4. — Phénomènes de synchronisme.

La tendance à l'anticipation associative existe chez tous les animaux et chez l'homme lui-même ; mais, dans bien des cas, les organismes doués d'intelligence peuvent réagir contre cette tendance ; et l'on trouve chez les espèces inférieures elles-mêmes, en dehors de toute intervention intellectuelle, des cas danslesquels l'anticipation semble empêchée par des influences extérieures ou intérieures qu'il convient de dégager nettement.

Déjà les savants de l'antiquité avaient été frappés de constater que certains phénomènes de la vie sont synchrones de phénomènes cosmiques ou terrestres, qui semblent tout d'abord n'avoir avec eux aucun rapport direct. (Rythmes du jour et de la nuit, des marées, etc.). D'autre part, la science moderne a constaté de nombreux mouvements synchrones de ceux des marées chez des animaux de nos côtes et correspondant à l'hydratation ou à la déshydratation de leurs tissus.

Prenons comme exemple ces derniers phénomènes. Y verrons-nous un rythme physiologique pur? N'y a-t-il là rien de psychique ?

Il s'est trouvé des biologistes pour affirmer que l'hydratation des tissus est la seule cause de la mise en mouvement des littorines des côtes; au flux, elles subiraient une action tonique qui les mettrait en mouvement. Cette action tonique n'est pas niable ; mais il s'y ajoute une mémoire psychique. En effet, ces mollusques, une fois transportés dans un cristal-

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lisoir, continuent (relTectuer des mouvements qui restent, pendant quelque temps, synclironcs de ceux des marées. Mais si l'animal est longuement gardé dans le laboratoire, l'ancien synchronisme tend à disj)araître; la littorine se met en mouvement avant l'heure de la marée, elle « anticipe », revenant ainsi à la loi générale des associations. Ce qui montre bien qu'il y a mémoire psychique.

On n'a remarqué que les synchronismes qui frappent vivement l'attention, comme la persistance des mouvements synchrones des marées ; mais les faits de ce genre sont innombrables. Ils sont l'effet d'une résistance à la loi de récurrence. Le maintien du parallélisme des phénomènes est déterminé par la présence continue d'excitations extérieures ayant un rythme fixe et entraînant la rythmicité du phénomène psychique. Nous avons vu, en effet, que la récurrence des associations a pour limite le moment où elle deviendrait nocive.

De même que le dressage permet de démontrer la loi de récurrence, il permet d'établir les conditions nécessaires du synchronisme.

On peut constater d'abord que quand des exercices sont, pour ainsi dire, enchevêtrés, — comme les phénomènes physiologiques et psychiques des animaux marins littoraux, — ils restent parfaitement synchrones. Ainsi un chien dressé à faire le huit dans les pieds d'un cheval en marche continue pendant des années dans le même ordre la suite de ses mouvements. Le rythme est maintenu par le pas régulier du cheval. Il en est de même des chiens passant dans des roues en marche. C'est que le moindre écart du chien provoquerait un « accident » et que le chien le « sent » bien.

Une expérience assez curieuse est la suivante :

Nous avons dressé un cheval et un chien danois k marcher au pas espagnol, ensemble, parallèlement, sur une ligne droite, le cheval étant seul guidé à la

cravache. Un tel synchronisme est assez facile à obtenir ; mais pour organiser l'expérience et la rendre expressive, nous prononcions, avant de donner l'ordre de départ, différents mots constituant pour les deux animaux, des excitations que nous appellerons S, R, P et 0. Nous avons ensuite établi une cloison dans le manège ; et, le chien se trouvant derrière cette cloison, nous déterminions pour les deux bêtes les mêmes excitations vocales S, R, P et 0. Elles commençaient, dès lors, chacune leurs exercices ; or, le cheval, qui était toujours guidé à la cravache, partait seulement à l'excitation 0, tandis qu'après un certain laps de temps, le chien partait à l'excitation P, puis à l'excitation 0, puis à l'excitation R, etc., c'est-à-dire qu'il rattachait la chaîne associative de ses sensations dynamogènes à des antécédents de plus en plus anciens ; le synchronisme de ses mouvements n'étant plus maintenu, l'animal subissait, dès lors, la loi de récurrence, tandis que le cheval continuait à obéir à l'influence extérieure de la cravache et gardait des mouvements synchrones des excitations visuelles et tactiles fournies par cet instrument de coercition.

Cette expérience et d'autres analogues, souvent renouvelées avec des animaux d'espèces différentes, montrent bien, croyons-nous, que le maintien du parallélisme des fonctions des animaux marins littoraux et des phénomènes cosmiques ne peut être dû qu'à une influence extérieure constamment renouvelée. D'ailleurs, nous avons vu que quand on met en aquarium des représentants de ces espèces, si le synchronisme persiste chez eux pendant quelques jours, il a une tendance à disparaître, parce que l'animal n'est plus soumis au rythme des marées.

Dans le cas où le synchronisme est maintenu chez un animal marin littoral vivant à l'état de nature, l'effet produit par la rythmicité de la marée agit sur L'individu, le sujet aurait à souffrir « en personne »

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f'd'une anticipation trop étendue. Mais, dans d'autres cas, [c'est seulenKMit à la propai^ation de l'espèce (ju'une [anticipation atteignant un certain degré deviendrait funeste. Certains cas sont intéressants à ce point de (vue, ce sont ceux où les animaux sont sur la limite [extrême de l'extension de la récurrence des associaftions. Dans cet état, l'elVet de la récurrence est conservé s'il otîre des avantages ; mais la moindre extension [nouvelle romprait l'équilibre. Il y a des observations extrêmement curieuses à faire à ce sujet chez les insectes et les oiseaux. Citons, par exemple, la pérennité de cette sorte « d'impatience » que l'on [observe chez certaines libellules. « Le mâle et la femelle de Lesta sponsa^ écrit Kûnckel d'Herculais, voltigent réunis, le corps étendu et se posent de temps à autre sur diverses plantes aquatiques, leurs mouvements semblent résulter d'une volonté ^inique. ;Le plus souvent, le mâle s'abat à l'extrémité d'un jonc, généralement sur un de ceux qui bordent le rivage et émergent entièrement hors de l'eau; aussitôt qu'il est posé, la femelle recourbe son abdomen en arc de cercle, dirige sa pointe entre ses pattes et enfonce sa tarière en forme de sabre dans Fépiderme du jonc. Elle se trouve en ce moment située à une certaine distance derrière le mâle. Bientôt après, elle descend peu à peu le long de la tige entraînant le mâle à sa suite et répète la même opération avec sa tarière jusqu'à ce qu'elle atteigne la base du jonc... Quelquefois on ne rencontre aucun œuf dans certaines plaies de joncs. La femelle n'a pas eu le temps d'y pondre; car le mâle ne montre pas toujours autant de patience qu'elle pour suivre la tige jusqu'en bas et s'envole avant que le chemin n'ait été entièrement parcouru ^. »

1. Jusqu'à une certaine limite, l'impatience du mâle, en augmentant le nombre de joncs visités, réduit les risques d'anéantissement des œufs.

Il est évident que l'impatience du mâle, qui est, en somme, une obéissance à l'anticipation par récurrence associative, est ici refrénée par la sélection et qu'elle ne pourrait s'accroître in^définiment sans déterminer la disparition de l'espèce.

§ 5. — Effets de Tintensité des sensations affectives dans les complexes associatifs.

Nous avons vu que, dans tout complexe associatif, la sensation retenue en premier lieu par la mémoire, le noyau associatif, est toujours une sensation affective.

S'il s'agit d'une sensation agréable, utile, elle détermine une attraction de l'animal vers la source d'où elle provient ^ et l'on peut constater que la rapidité des associations est en fonction de l'intensité de la sensation. Toutefois, cette rapidité est relative et reste, toujours très inférieure à celle de la conception intellectuelle.

S'il s'agit d'une sensation douloureuse, le mécanisme est plus complexe. Trois cas peuvent se présenter :

A. — Si la sensation affective douloureuse est peu intense, et si les conditions sont telles qu'en agissant, soit en fuyant, soit en écartant ses membres, le sujet échappe totalement ou en partie à la douleur, il en résultera une dynamogénie qui, par récurrence, sera transmise à des sensations représentatives antérieures. C'est ainsi qu'un cheval, un chien, un lion, etc., fuient à la vue du fouet, sans attendre qu'on les frappe avec ce fouet ; c'est ainsi qu'un cheval de « haute école » lève les pieds quand le cavalier déplace seulement le poids de son corps alors qu'au début, il ne les levait que sous les coups de cravache.

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