VI AVANT-PROPOS
ment. La piété est la religieuse fidélité au devoir et l'amour filial de Celui qui le commande.
Or, comme l'arbre vit de la sève, la piété vit de pratiques. La raison en est que le culte intérieur ne se soutient que par le culte extérieur : cette loi est immuable. Mieux que personne l'Eglise la connaît ; aussi, dans tous les temps, elle a multiplié et encouragé les pratiques saintes.
Afin d'entrer dans ses vues , nous avons essayé, il y a quelques années, de réveiller la foi de nos frères sur trois grandes pratiques catholiques : le Signe de la croix, Y Eau bénite et V Angélus. Aujourd'hui notre désir est d'en réhabiliter une quatrième, moins connue, et peut-être moins appréciée que les autres, bien que d'une égale importance : c'est la Génuflexion.
Dire ce qu'est la Génuflexion, — son
AVANT-PROPOS. YIÏ
antiquité, — sa généralité, — sa signification, — son importance dans les temps actuels, — ses règles liturgiques : telle est la raison de cet opuscule.
Comme plusieurs de ses devanciers, l'ouvrage est adressé à mon ami Frédéric. Loin de diminuer avec l'âge, son insatiable curiosité ne fait que s'accroître. C'est le noble défaut, ou, si on veut, la maladie caractéristique des vrais savants : plus ils savent, plus ils veulent savoir. Sous ce rapport ils ont quelque ressemblance avec l'hydropique :
plus il boit, plus il a soif : quo plus sunt potœ, plus sitiuntur oquœ.
Faut-il les plaindre où les blâmer?
Nullement. Au contraire, il serait vivement à désirer que tous ceux qui aujourd'hui font métier de raisonner et d'écrire, fussent atteints de la même maladie : la presse, les journaux, les académies, les tribunes législatives ne