PONT-EUXIN
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Noire Carte II. — Héraclée et ses environs, d’après von Diesr, von Pergamon über den Dindymus sum Pontus (Petermanns Mitteilungen, Ergänzungesband n. 94, Gotha 1899), Planche II.
cap descend vers l’intérieur des terres un vallon creusé obliquement, où se trouve la caverne d’Hadès, couverte de bois et de rochers; il en sort un souffle glacial qui, s’exhalant continuellement de ces profondeurs effrayantes, ne cesse de condenser aux alentours un givre éclatant de blancheur qui fond au soleil de midi. Le silence jamais n’envahit ce cap terrible, mais il retentit à la fois du bruit de la mer et des souffles de l’abîme qui agitent les feuilles. Là sont aussi les bouches du fleuve Achéron, qui se déverse à travers le promontoire et se jette dans la mer Orientale. Un ravin profond le fait descendre du sommet... C’est par là que les héros, ayant dirigé leur vaisseau tout droit vers le Cap Achérousis, abordèrent comme le vent venait de cesser!. »
Examinons les divers éléments de cette description. A l’est du Sangarios et de l’Hypios, le poète mentionne un fleuve appelé Lycos. On connaît au moins six fleuves de ce nom, et l’auteur des Argonautiques en cite deux, celui d’Héraclée? et un affluent du Phasis. Xénophon, parlant d’Héraclée, nomme ce fleuve : « C’est là que coule à travers la plaine un fleuve nommé Lycos, large d'environ deux plèthres »; Skylax en fait aussi mention et il est cité après Apollonios par les auteurs de périples et quelques écrivains latins*.
Si l’on consulte une carte à grande échelle de la région, celle de von Diest par exemple, on voit que le fleuve se jette dans le Pont au sud d’Héraclée. Telle était déjà l’opinion de Tournefort qui écrit :
« Nous allâmes donc nous promener à l’aventure du côté du levant, jusques aux marais qui sont au-dessous de la ville, où apparemment croupissent les eaux du Lycus. Il ne nous fut pas possible de traverser ces marais°. »
Von Diest déclare que les Turcs l’appellent Kylydchsou ou Arslan-Irmak, c’est-à-dire l’eau de l’épée ou le fleuve