‹ La Géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de RhodesChapitre 105 sur 222 · Cf. cart. 11, p · texte numérisé non relu

Cf. cart. 11, p

DADDN cit LIN

du lion : «les deux noms, comme l’ancien, doivent indiquer ses crues rapides après les pluies d'orage! ». D’après Vital Cuinet, Erekli (Héraclée) est « située sur la mer Noire, à deux kilomètres de l'embouchure d’un ruisseau qui fut jadis le fleuve Sycus (sic), aujourd’hui nommé Kizildjiksou et dont la source se trouve à trente kilomètres est de cette ville à Kara-bounar (la source noire?) ».

Le lac ou marais Anthémoeisis n’est pas mentionné ailleurs. Le scoliaste cite une certaine Anthemoeisis, fille du roi des Mariandynes Lycos, qui porte le même nom que le fleuve. Ce lac devait donc être voisin du Lycos’. Comme on le voit sur la carte de von Diest, les rives du Lycos près de son embouchure sont très marécageuses et le fleuve traverse un petit lac avant de $e jeter dans la mer : c’est là sans doute qu'il faut placer le lac ou marais Anthémoeisis.

La longue description du port où sera plus tard bâtie Héraclée, avec le cap Achérousis, est empruntée à Nymphis d’Héraclée. Les renseignements nombreux et précis que donne le scoliaste permettent de l’affirmer :

« Nymphis, au premier livre de son ouvrage sur Héraclée, dit que le cap appelé Achérousias près d’'Héraclée est partout élevé du côté de la mer, escarpé et tourné vers le couchant, faisant face à la mer qui s'étend devant la Bithynie; que le flot, en le heurtant, fait un bruit violent; il parle aussi des platanes qui ont poussé au sommet et de la plaine située dessus, et dit qu’il semble s’y trouver une entrée pour descendre aux Enfers; c’est à lui qu’Apollonios paraît emprunter ces détailsf. »

Comme on le voit, on retrouve chez le poète tous les détails de la description de Nymphis : le cap Achérousis, ses falaises abruptes, son orientation vers la mer de Bithynie, le fracas des vagues, les platanes du sommet, la caverne

VADIEST ar ACL, pa 81e

: Die Ci AMOR : , . À. Ru. Il, 724 et scol. Cf. ET. DE Byz., v. "Avbeuodc. Scol. II, 729.

RE GG à

Apollonios 10

d'Hadès. Apollonios aurait simplement décrit avec force le bruit des flots, les exhalaisons glaciales de la grotte, et ajouté des renseignements sur le fleuve Achéron.

A propos de ce fleuve, une expression du poète a été diversement interprétée. L'auteur dit qu’il se déverse à travers le cap et ajoute eis &x BéMov onv! (ou ñoénv). Merkel, dans sa grande édition, traduit en note : «se jetant dans la mer vers l’est » et trouve le texte d’Apollonios invraisemblable, puisque, d’après les cartes et les scolies, le golfe où se jette le fleuve est orienté vers l’ouest. Il corrige done le texte et change toinv en ’lovinv, S'appuyant sur un passage d’Apollonios? où le Pont-Euxin est appelé « Mer Ionienne », par suite d’une erreur évidente des manuserits. De La Ville de Mirmont* à rejeté la correction de Merkel, mais conservé la traduction que cet érudit jugeait invraisemblable : « C’est là que sont les bouches du fleuve Achéron, qui, se précipitant du haut du cap, décharge ses eaux dans la mer du côté de l'Orient ». Aux arguments de Merkel contre cette traduction, il répond que le golfe en question n’est pas indiqué sur la carte du Strabon-Didot et que le scoliaste contredit Merkel. «I1 [le scoliaste] note en effet, au v. 743 : «Le poète dit que l’Achéron se jette dans la mer du côté de l'Orient (rpdc ävarolic). En réalité, sur la carte XI du Strabon-Didot comme sur celle de von Diest, on voit bien un golfe orienté vers l’ouest aux environs d'Héraclée. Et le scoliaste* écrit que le fleuve Achéron se jette eis rhv rod dvarolèc OdAaconv. La place de xpèc avaronds entre l’article et 641xcoxv ne laisse aucun doute sur le sens : il s’agit bien de la mer orientale et ce passage de la scolie prouve que le texte d’Apollonios doit être ainsi traduit sans correction. L'orientation du cap Achérousis vers l’ouest, qu'indiquent les scolies d’après

Page 1