‹ La Géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de RhodesChapitre 132 sur 222 · Frg. 302 Jacoby · texte numérisé non relu

Frg. 302 Jacoby

4. De LA ViLe DE MirMonT traduit « Le poèle appelle Caucasienne la mer Caspienne ». Il s’agit de Métrodoros.

Caucase ». On voit donc clairement la pensée du scoliaste : parapbrasant le texte d’Apollonios, il affirme comme lui que le Lycos est un affluent du Phasis et que tous deux réunis se jettent dans la mer sous le nom de Phasis. Il ajoute que le Lycos prend sa source aux environs de l’Araxès, puis s’en éloigne, et il ne juge pas bon de préciser dans quelle mer se jette le Phasis parce qu’il lui semble évident que c’est dans le Pont-Euxin. Mais comme Apollonios appelle cette mer « Caucasienne », le commentateur cite un géographe qui désigne par cette expression non le Pont-Euxin, mais la mer Caspienne; au contraire Apollonios et les scolies appellent ainsi soit le Pont-Euxin en général, soit plutôt la partie orientale du Pont-Euxin, voisine du Caucase. D'ailleurs les scolies Florentines et Parisiennes offrent un texte plus clair que les Laurentiennes : on y voit nettement qu’Apollonios désigne par « mer Caucasienne » le Pont- Euxin et non la mer Caspienne. La théorie d’'Hécatée sur la jonction des deux mers par le Phasis est une survivance de la géographie hésiodique, d’après laquelle le Phasis réunissait le Pont à l'Océan. Apollonios ne l’accepte pas et la seule erreur que l’on puisse lui reprocher est d’avoir fait du Lycos un affluent du Phasis : elle s'explique par l’incertitude des connaissances de son temps. Au siècle précédent, Xénophon appelait Araxès un affluent de l’Euphrate et Phasis un fleuve qui paraît être l’Araxès!. On voit que le poète, malgré son erreur, est en progrès sur l'historien.

Apollonios connaît assez bien le Phasis : il nous parle de son « large cours », d’un marais très ombragé où les Argonautes conduisent leur navire et le cachent, de roseaux épais, de plaines basses et humides situées sur ses rives?. Tous ces détails, qui semblent inventés, correspondent à peu près à la réalité. D’après la description de Strabon,

L'An LA TO NME

2. II, 401, 1261, 1265, 1283; III, 6, 198, 1220. 3. 43, 54 sq.; 427, 19 sqq.

Fr

c’est un «grand fleuve » navigable sur la plus grande partie de son cours, et près de son embouchure « la côte est sablonneuse, basse et molle ».

Nommé aujourd’hui Rion, il est décrit de la même manière par les savants modernes. Kiepert le compare au Kyros, fleuve beaucoup plus long, et ajoute :

« En sortant des montagnes, il entre aussitôt dans une plaine d’alluvion très fertile et marécageuse; ce fleuve surpasse presque le précédent, par l'abondance de ses eaux, à cause des fortes pluies que reçoivent les versants de l’ouest (du Caucase)!. »

Th. Reinach parle ainsi de la vallée du Phasis, cœur de la Colchide :

« Belle plaine parcourue par un fleuve court, mais puissant, navigable presque au sortir de la montagne, et qui le restait jusqu’à son embouchure travailleuse et gênée... Le climat de la Colchide est humide et fiévreux vers la côte, toute bordée de marais salants, et dans l’ancien golfe comblé par les alluvions du Phase; l’intérieur est tempéré et salubre »

et il nous dépeint «les industrieux castors de la plaine du Phase» dont beaucoup «vivaient sur des pilotis au milieu des marécages de la côte?. »

En effet, d’après Hippocrate, les riverains du Phasis habitaient des cabanes de bois et de roseaux construites au milieu des eaux, et communiquaient au moyen de pirogues faites d’un seul tronc d'arbre’. Ces pilotis sont encore en usage à Poti*.

Sur la rive droite du fleuve, à quelque distance de son embouchure, se trouve la capitale des Colques, Aiïa, et aux environs une plaine dite de Circé,un marais où les Argonautes cachent leur navire avant de se présenter devant Aïétès et un temple d'Hécate assez éloigné puisque Médée s’y

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