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tée par de La Ville de Mirmont et Mooney, paraît préférable à *AËeivnv proposé par Flangini et fueréonv dû à M. de Wilamowitz'. Ce dernier invoque la paraphrase du scoliaste? is Thv xa0’ fuäc OdAxoouv, mais cette expression concerne Eschyle au lieu d’Apollonios et désigne la Méditerranée, non le Pont-Euxin. La correction de Gerhard est la plus voisine du texte des manuscrits et on peut invoquer en sa faveur le passage où Apollonios cite l’Achéron d’Héraclée qui se jette dans la mer « Orientale ».
Quant au vers 308, le texte en est clair : puisqu'il désigne la mer Ionienne ou Adriatique, il n’y a pas lieu de le corriger, et de remplacer cette fois ’lovinv par ofnv comme l'ont fait de La Ville de Mirmont et la plupart des éditeurs. L’Istros se jette donc à la fois dans la mer Jonienne ou Adriatique et dans la mer Orientale ou Pont-Euxin.
Cette division n’est pas inventée par le poète. D’après le scoliaste, Eschyle, dans le Prométhée délivré, attribuait à ce fleuve troisembouchures,unedans le Pont-Euxin, une dans PAdriatique et une dans « notre mer », c’est-à-dire la Méditerranée en général; cette dernière branche traversait probablement le pays desCeltes etse jetait dans lapartieoccidentale de la Méditerranée, au golfe deLigurie. Dans lamêmetragédie, Eschyle faisait descendre l’Istros du pays des Hyperboréens et des Monts Rhipées; c’est pourquoi le scoliaste prétend qu’Apollonios«le suit», c’est-à-dire est d'accord avec lui sans l’avoir forcément imité.Cette division en plusieurs bras ne se rencontre pas chez Hérodote : d’après lui l’Istros se jette dans le Pont-Euxin par un delta, après avoir reçu de nombreux affluents.
La théorie d’'Eschyle est reprise au Iv® siècle avec une légère modification : le nombre des bras est réduit de trois à deux. Cette opinion se rencontre chez Skylax, Aristote,