Scol. IV
5. Scol. IV, 310. Cf. AnoN., Pér.P.E.,68; VAL. FL1., VIII, 218; MARTIAL, VIT 7/1; 84; 78: PTON-ANTTS 10 2; STRAG. 253, 45 et 254, 33: PLINE, H.N. IV, 69: AMM. Marc. XXII, 8, 43 et 45; SKYMN., v. 785-790: MeL4, II, FE
sommet vers le courant. Autour d'elle le fleuve se divise en deux branches : l’une s’appelle bouche Narécos:; l’autre, à la pointe Sud de l’île, bouche Calon. Par cette dernière Apsvyrtos et les Colques s’élancèrent plus vite (que les Argonautes); les autres remontaient au loin, vers la pointe nord de l'ile! »
Certains détails peu clairs ont été diversement interprétés. D’après de La Ville de Mirmont, l’île Peuké étend sa plus grande largeur « dans le sens de la grève »; on ne peut traduire ainsi ’eç aœiyixlobce, Car si le côté le plus long du triangle est baigné par la mer, l’angle opposé ne peut être aigu; la plus grande largeur de l’île est donc perpendiculaire et non parallèle à la côte, elle s’étend de l’ouest à l’est et non du nord au sud. Le poète ajoute que la bouche Calon se trouve ôürù tj vedrn (vhoow); ce n’est pas «en face de l’extrémité de l’île», traduction vague qui ne permet pas de distinguer si la bouche Calon se déverse au nord ou au sud de l’île, mais à la pointe sud, la plus rapprochée pour les Colques d’Apsyrtos qui ont suivi la côte méridionale du Pont-Euxin. Au contraire les Argonautes s’avancent plus au nord, 5boÿ vhoouo xat'äxporérnç (par opposition à nd rÿ vetrn) et au loin, c’est-à-dire par une route plus longue (par opposition à Borepoy). Pour Apollonios, la bouche Calon est donc située au sud de l’île (aujourd’hui bras de S' Georges) et la bouche Narécos au nord (bras de Kilia): c’est le contraire de ce qu’affirment les géographes postérieurs?, mais peut-être cette erreur remonte-t-elle à Timagétos, qui faisait passer les Col-
ques par la bouche Calon.
D) L'Istros du Pont-Euxin à l’ Adriatique.
Colques et Argonautes, après avoir dépassé l’île Peuké, remontent le bras de l’Istros qui se jette dans Je Pont-Euxin, au grand effroi des riverains : Scythes mêlés aux Thraces,
2, ARRIEN, Pér. P. E., 35; ANON., Pér., 67 sq.; PTOL., L. cit,
Sigynnes, Graucénies et Sindes habitant la plaine déserte de Laurion. La plupart de ces peuples étaient connus avant Apollonios : les Sigynnes sont cités par Hérodote!', qui les place, comme le poète, au nord du Danube et prétend que leur territoire s'étend jusqu’à celui des Enètes (ou Vénètes), voisins de l’Adriatique; maïs Strabon? les place à côté des Derbiques, des Tapyres et des Caspiens aux environs du Caucase et de la mer Caspienne. Le poète aurait donc imité Hérodote, comme le pense Partsch’. On considère aujourd’hui les Sigynnes comme un grand peuple industriel et commerçant qui, tenant quelques-unes des grandes routes économiques de l’Europe, y répandit la civilisation dite de Hallstatt, et on les assimile parfois aux Tsiganes actuelst. Ce puissant empire aurait été détruit par les Gaulois vers 400.
Les Sindes, d’après Hérodote, sont voisins des Scythes et habitent sur les rives du marais Méotide, près du Bosphore Cimmérien. Hellanicos en faisait mention d’après le scoliaste dans un ouvrage Sur les Peuples; Skylax dans son périple les place à l’est du Bosphore Cimmérien et Strabon confirme cette opinionf. D’après Partsch’, Apollonios aurait encore imité Hérodote sans s’apercevoir que l'historien plaçait les Sindes loin du Danube, maïs le poète consulta peut-être un ouvrage plus récent comme celui de Timonax sur les Scythes, où l’on trouvait, d’après les scolies®, une énumération des peuples de Scythie. Ni les Graucènes, ni la plaine de Laurion ne sont cités ailleurs. D'après les Argonautiques, ces peuplades barbares n’ont