‹ La Géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de RhodesChapitre 165 sur 222 · PLINE, A. N. III · texte numérisé non relu

PLINE, A. N. III

HÉs., Th. v. 338; Batrachom., v. 20.

+ HDr, LUS,

. Escu., d’après Puin., H. N., XXXVII, 82; PHÉRÉC., ap. HYGin., 154 et fre. 33c Didot; Eur., Hippol., 735-741; SkyL., 10; THÉOPOMPE, ap. SkyMN., 395-401 Mueller; TIMÉE, ap. Ps. ArisT., Mir. ausc., 81; THéoPxr., ap. PLiN., XXXVII, 33.

CA

a suivie, Dans son poème, l’Eridanos n’est pas le fleuve des Hyperboréens qui se jette dans les mers du Nord; il est simplement voisin de leur pays, puisqu’Apollon pleura sur ses rives en se rendant chez eux, d’après une légende celte rapportée dans les Argonautiques. À propos de l’Eridanos, l’auteur ne manque pas de rappeler l’histoire de Phaéthon et un mythe bien connu sur l’origine de l’ambre : Phaéthon, foudroyé par Zeus, est tombé dans l’estuaire de l’Eridanos et, depuis ce temps, les eaux exhalent une lourde vapeur provenant de son corps embrasé. Tout autour ses sœurs les Héliades, transformées en peupliers noirs, poussent des cris perçants et versent des larmes d’ambre. Il semble que la description du fleuve avec la vapeur qui s’en dégage soit un emprunt à Timée, comme le pensent plusieurs érudits!. On trouve en effet dans le traité Sur les récits merveilleux, faussement attribué à Aristote et antérieur en partie aux Argonautiques, un passage imité de Timée qui présente avec celui d’Apollonios de curieuses ressemblances. Il est ainsi conçu :

« Il existe aussi, semble-t-il, un lac situé près du fleuve et dont l’eau est chaude. Il s’en exhale une odeur forte et insupportable; aucun animal n’y boit, aucun oiseau ne vole au-dessus sans tomber et mourir. Il a deux cents stades de circonférence et environ dix de largeur. Les habitants du pays racontent que Phaéthon foudroyé tomba dans ce lac et qu’on y trouve beaucoup de peupliers noirs d’où tombe le beau pro duit appelé ambre. »

Apollonios, comme l’auteur du traité, désigne cet endroit par le mot Auvn, mais il ne semble pas lui donner le même sens. Dans le traité il s’agit d’un lac voisin du fleuve; chez le poète, d’une lagune formée par l'embouchure de l’Eridanos et traversée par les Argonautes. Le poète parle aussi d’une

1. GC. RoBErT, op. cit. III, 863; DE WiLAMOWITZ, op. cit. Il, 190; PARTSCH, 0p. cil, 7 sq.

2. Ps. Arisrr., de mir. ausc., 81; cf. TzeTzes, ad Lycophr. 704 et GEFF- GKEN, T'imaios’ Geogr. des Westens; À. RuH., IV, 597 sqq.

PRES L'ÉRIDANOS

« lourde vapeur » qui s’en dégage et ajoute qu’ aucun oiseau, en étendant ses ailes légères, ne peut voler au-dessus ». Enfin, il fait allusion à Phaéthon foudroyé et aux Héliades enfermées dans les peupliers noirs. On le voit, tous les détails caractéristiques se ressemblent dans les deux descriptions et il est très probable qu’Apollonios s’est inspiré de Timée.

Ce passage n’est pas moins intéressant au point de vue géographique. On a vu justement dans les exhalaisons dont parlent les deux auteurs la description d’une source thermale et d’après cette indication on s’est efforcé de localiser l’endroit décrit par eux. Suivant Knaack!, il s'agirait du lac Aornos, voisin d’une entrée des Enfers et inaccessible aux oiseaux comme son nom l'indique. Mais cet Aornos, que Strabon identifie avec l’Averne de Campanie’, est situé fort loin de l’Eridan. Aussi préférons-nous la solution de Partsch, qui s'exprime ainsi :

« [1 ne peut être question que des sources chaudes (84°) d’Abano, près des Monts Euganéens, aux environs de Padoue, que l’antiquité a connues comme Aquae Patavinae ou comme fons Aponi’, Comme aujourd’hui, il y avait là un bain curatif dans l’eau thermale qui se refroidissait dans de petits bassins. Les gracieuses descriptions de Claudien et de Cassiodore offrent une image incomparablement plus aimable, mais cependant nullement inconciliable, de ce chaud marécage qu’une époque antérieure pouvait considérer avec horreuri. »

Quant à l’ambre, on n’en trouve pas sur les rives du P6, mais on comprend pourquoi les Grecs ont cru en trouver : c’est par la vallée de ce fleuve qu’ils recevaient l’ambre des deux principaux gisements connus, celui de la Frise et celui de la Baltique, et, suivant une habitude fréquente,

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