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mais sa description est vague : ce sont tantôt des îles errantes et volcaniques comme celles de Lipara, tantôt des roches mobiles qui se heurtent, écrasant les navires et méême les pigeons qui apportent l’ambroisie à Zeus, comme les Symplégades du Pont-Euxin. Cette contradiction n’est pas la seule : les renseignements sur Aia conviennent tour à tour à celle de Tyrrhénie et à celle de Colchide. Après Homère seulement on à distingué les deux Aia, comme les Planctes et les Symplégades ou Kyanées.
Apollonios, on l’a vu!', se garde bien de confondre ces dernières. Pour lui, les Symplégades ou Kyanées, situées à l’entrée du Bosphore vers le Pont-Euxin, sont deux roches qui se heurtent. Au contraire les Planctes sont des îles mobiles et volcaniques, assimilées à celles d’Aiolos et d’'Héphaistos, entre lesquelles les Néréides dirigent à grand’ peine le navire Argo. On voit que, si Apollonios à imité Homère en faisant passer les Argonautes près des Planctes, il à supprimé certaines contradictions ou incertitudes de sa géographie.
Dans la même région, le poète place Charybde et Scylla, que les Argonautes franchissent avec l’aide des Néréides en même temps que les Planctes. Comme l’avait fait Homère, Apollonios distingue Scylla, monstre ayant une généalogie?, de Charybde, simple nom d’un gouffre marin. Scylla est fille de Phorkys et d’Hécate, généalogie empruntée à Acousilaos d’après le scoliaste.
Ne voulant pas refaire la description bien connue de l'Odyssée, l’auteur des Argonautiques se contente d’une brève allusion à ce passage dangereux, sans rivaliser avec Homère. I] lui emprunte toutefois un détail : lorsqu'il parle du « rocher lisse de Scylla », Exins Mo. réron, il songe
L'ACTAICIND Al 2. IV, 828 sq., et scol.; DE LA VILLE DE MIRMONT traduit : « Scylla.… que la déesse vagabonde des nuits, Hécate, enfanta à Phorkos, et qu’on appelle Krataïs ». En réalité le nom de Krataïs doit être appliqué à Hécate, non à Scylla. Cf. PRELLER-ROBERT, 0p. cit., 1, 618 et n. 1
au vers de l’Odyssée : « Il y a un rocher lisse comme si on l’avait poli », rérpn yto Mic êouu, reptéeoth cixviu!.
La comparaison d’Homère prouve que AMoo signifie lisse, et non abrupt comme traduit de La Ville de Mirmont.
Charybde est représenté comme une sorte de gouffre ou de courant qui tour à tour attire et repousse les navires? : il en était de même dans l'Odyssée.
Si l’épisode de Charybde et Scylla est un souvenir d’Homère, il existe une différence entre Apollonios et lui : Circé offre à Ulysse le choix entre deux passages, l’un à travers les Planctes, franchies par les Argonautes, l’autre par Charybde et Scylla. Pour Homère, on le voit, les deux itinéraires sont indépendants l’un de l’autre et Argo n’a pas traversé Charybde et Scylla. Dans Apollonios, au contraire, les compagnons de Jason passent à la fois par les Planctes et par Charybde et Scylla. La raison de ce changement est géographique : ayant identifié les Planctes avec les îles Lipares, le poète alexandrin pouvait sans inconvénients amener les Argonautes entre Charybde et Scylla, dans le détroit de Sicile. C’est là en effet qu'il place Charybde et Scylla, suivant la tradition homérique reprise avec plus de précision par des géographes comme Timée : les allusions à la Thrinakie, au cap Lilybée et au mont Eryx ne laissent aucun doute sur ce point.
Sortis de ces parages dangereux, les Argonautes, comme Ulysse, arrivent devant l’île de Thrinakie ou Trinacrie, où paissent les bœufs d’Hélios gardés par ses deux filles, Phaéthousa et Lampétia, détails empruntés à Homère’. Apollonios à ajouté une brève allusion à la plaine marécageuse et voisine d’un fleuve où les héros aperçoivent le troupeau d’Hélios : c’est probablement la région comprise entre Catane et Mégare, au sud de l’Etna. Contrairement
1, 06h, SON TONER PPS 2. IV, 789 sq., 825 sq., 923.