I, 81, 83; IV
large, le plus répandu. La mer Libyenne! est donc la partie de la Méditerranée qui s'étend au sud de la Sicile, le long des côtes de Libye. D’après Strabon, elle va du territoire de Carthage à la Cyrénaïque?, ce qui confirme avec plus de précision l’opinion du poète.
Sur la Libye en général, Apollonios donne peu de renseignements : il fait à peine quelques allusions au costume de ses habitants et à sa faune.
Les « Héroïnes tutélaires de Libye » apparaissent à Jason « ceintes de peaux de chèvres tombant du haut de la nuque sur le dos et les hanches ». Hérodote avait déjà noté que « les femmes de Libye jettent autour de leur vêtement des peaux de chèvres sans poils, bordées de franges et teintes en rouge ».
Sur la faune du, pays le poète connaît surtout les serpents et les fauves. L’Argonaute Mopsos meurt piqué par un serpent et l’auteur, à la fois poète et savant, raconte une légende sur l’origine de ces animaux, puis décrit avec précision leurs mœurs, la blessure de Mopsos et son agonief. Il parle enfin de la Libye « nourricière de bêtes féroces » : c’est justement l'expression dont se servira. Strabonf. Kyréné, l’'éponyme de Cyrène, est d’ailleurs une rorvix Onpüv.
B) La Syrte
Poussés pendant neuf jours par le vent du nord, les Argonautes sont jetés « tout au fond de la Syrte? ».
L'expression est très vague, car nous connaissons deux Syrtes fort éloignées l’une de l’autre, la grande ou golfe de
IVS01233;
IV, 1348 sq.
Hpr., 1V,.189.
IV, 1502 sqq. ‘
IV, 1561, cf. Srras., 108, 43. Les scolies indiquent la variante À0To6P0S.
H IV, 1235; cf. 1243 sq.
NEPTRwNE
la Sidre, à l’est de la Tripolitaine actuelle, et la petite ou golfe de Gabès, au sud-est de notre Tunisie. Même en admettant que le poète ne les distingue pas clairement, l’ensemble de son récit permet-il de choisir entre les deux ? Walther ne le pense pas et suppose que le poète est resté volontairement dans le vague!. Nous ne le croyons pas : en serrant de près le texte d’Apollonios, il nous paraît possible de reconstituer l'itinéraire des Argonautes en Libye.
Tout d’abord où abordent-ils ? Surpris par la tempête au moment de contourner le Péloponnèse, les héros sont poussés par le Borée. Ils s’avancent donc malgré eux, tout droit vers le sud; or le golfe qui se trouve au sud du Péloponnèse est la grande Syrte. Sans doute il n’en est pas ainsi chez Homère : Ulysse poussé par le même vent à partir du cap Malée aborde au pays des Lotophages, près de la petite Syrte, et Apollonios imite Homère. Mais l’auteur de l'Odyssée ne semble pas connaître la grande Syrte ni la région de Cyrène; Apollonios, élève du cyrénéen Callimaque et originaire d'Alexandrie, connaît au moins Cyrène, puisqu'il cite la hauteur Myrtosienne, située près de cette ville?. En outre, il ne parle pas des Lotophages, s’écartant de la tradition homérique. L'intervention des «héroïnes tutélaires de Libye » fournit un nouvel argument : ce sont elles, dit le poète, qui étaient venues chercher Athéna après sa naissance pour la baigner dans le lac Triton. D’après un fragment de Callimaque* dont le poète s’est inspiré, elles veillent sur le pays des Nasamons. Or ce peuple, cité entre autres par Hérodote et Skylax', habitait la côte de la grande Syrte à l’ouest et au sud-ouest de Cyrène: la présence de ces héroïnes prouve que les Argonautes ont été jetés au fond de la Grande Syrte, près du pays des Nasamons. Tous ces
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