Frg. 6 — scol. À. Rh., I
publique d'Héraclée; à Héraclée mourait aussi le pilote Tiphys!. La précision des renseignements géographiques montre qu'Hérodoros a accordé une grande place aux légendes de son pays natal. Au sujet des événements de Colchide, il rappelle des épisodes bien connus, les exploits de Jason, l'enlèvement de la toison d’or, l’amour de Médée et sa fuite avec le héros?. Sur le retour des Argonautes, Hérodoros rejette l'itinéraire par l'Océan et la Libye pour adopter la version plus récente de Sophocle et d'Euripide, d’après laquelle l’aller et le retour ont lieu par la même route, c’est-à-dire par la côte méridionale du Pont-Euxin et le Bosphoret. Ce détail, il est vrai, se concilie mal avec un autre fragment: où il est question des Argonautes résistant aux séductions des Sirènes.
Chez tous ces historiens du ve siècle, on remarque un souci d’exactitude géographique, un effort pour localiser avec précision les incidents du voyage et une tendance à faire remonter à l’expédition de Jason des événements historiques et des traditions locales. L'histoire s'éloigne peu à peu de la mythologie et de la généalogie pour se rapprocher de la chronique locale, de « l’aitiologie » et de la géographie scientifique. Cette transformation se continue pendant le Ive siècle et le commencement du Ie, avec un grand nombre d’historiens secondaires. Asclépiadès de Tragilos’, élève d’Isocrate, est cité dans les scolies d’Apollonios comme auteur d’un ouvrage intitulé Tragôdoumena, dont quelques fragments sont relatifs aux épisodes de Lemnos et de Phinée.
Frg. 7, 47, 48, 49, 8, 50, 51, 54.
Frg. 9, 52, 53 = scol. À. Rh., IV, 86 et 87.
Frg. 10 — scol. IV, 259, avecla correction de Gutschmid, cf. icip.61. Frg. 39 = scol. À. Rh., I, 23 et 31. Cf. FHG, II, 38, n. 1.
. Frg. ?, 31, 22 et 14 Jacoby.
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AVANT APOLLONIOS 65
B) L'Histoire et la Géographie locales
A la fin du 1v® siècle et au début du re se place Timée!, auteur d’une Histoire de Sicile où, en décrivant ce pays et l'Italie, l’auteur transforme profondément la légende des Argonautes. S'appuyant sur le fameux passage de l'Odyssée où il est question des Planctes franchies par Jason à son retour et recueillant un grand nombre de traditions locales sur le passage des Argonautes à l’ouest de la Grèce, Timée invente un itinéraire nouveau qu'il essaie de combiner avec celui des poètes épiques et de Pindare : d’après lui, les héros, ayant appris que la flotte d’Aiétès les attendait à la sortie du Pont-Euxin, remontent le Tanaïs le plus loin possible, transportent le navire Argo sur leurs épaules et, par un autre fleuve, atteignent l'Océan qu'ils descendent en laissant le continent à leur gauche; ils arrivent à Gadès et, par les colonnes d’'Héraclès, pénètrent dans la partie occidentale de la Méditerranée, d’où une tempête les jette sur les côtes de Libye’. Le retour des Minyens à lieu par le nord et l’ouest, au lieu de l’est et du sud; l’auteur peut ainsi joindre à l'itinéraire des Argonautes de nombreuses traditions relatant leur passage en Italie, en Sicile, à Corcyre et en Libye. Grâce à Timée, la géographie de la légende va s’augmenter des vagues connaissances récemment acquises sur l'Europe septentrionale et occidentale.
Ces indications suffisent à montrer l’originalité de l’auteur: il élargit l'itinéraire des héros, recueillit avec une vaste érudition un grand nombre de traditions locales et apporta de nouvelles précisions sur la séographie de la légende. Aussi fut-il souvent imité des Alexandrins.
Le géographe Timonax*, qui semble avoir vécu à la fin
1. FHG, I, 193 ss.; cf. Gerrcken, Timaios’ Géographie des Westens (t. XIII des Philologische Untersuchungen).
2. Frg. 6— Diopore, IV, 56 (cf. PSÉUDO-ARISTOTE, De mir. auscult. chap. 113 et SrraBon, 186, 37 sqq.; 38, 12 sqq.