FHG, IV, 522, fre. ? = scol. À. Rh., IV
Apollonios 5
du 1ve et au début du 11e siècle, est l’auteur d’un ouvrage qui a pour titre Les Scythiques. Un passage de son premier livre, résumé par le scoliaste d’Apollonios, rapporte une tradition curieuse : Aïétès lui-même aurait marié sa fille Médée à Jason qui, au lieu de revenir en Grèce, serait donc demeuré comme roi en Colchide. Cette version inédite est certainement d’origine locale, comme le montrent les nombreux aitia qui la justifient.
On peut rapprocher de Timonax le géographe Timagétos, auteur d’un ouvrage Sur les ports'. Son invention la plus curieuse est un nouvel itinéraire pour le retour des Argonautes. D’après Timée, les Argonautes remontaient le Tanaïs; Timagétos remplace le Tanaïs par l’Istros (Danube), immense fleuve divisé en deux branches qui débouchent l’une dans le Pont-Euxin, l’autre dans la « Mer Celtique? », c’est-à-dire la Méditerranée à l’ouest de l'Italie. Timagétos a donc réuni en un seul fleuve l’Istros proprement dit et le Rhodanos (Rhône). D’après lui les Argonautes, par les deux bras de l’Istros, passèrent du Pont en Méditerranée occidentale.
L'histoire locale est représentée par des auteurs d’ouvrages sur Cyrène, Héraclée et Cyzique.
Akésandros*, vers la fin du Ie siècle, à raconté l’histoire de Cyrène et fait allusion à certains épisodes de la légende argonautique déjà traités dans la I Ve Pythique de Pindare. Comme l'indique le scoliaste d’Apollonios, il semble avoir développé « avec plus de soin » le récit du poète lyrique.
On peut joindre à Akésandros un écrivain qui fut probablement son compatriote, Théochrestost, auteur de Lybica dont le premier livre était relatif à Cyrène. Il a
. FHG, IV, 519 sqq.
. Freg. 1 = scol. À. Rkh., IV, 259 et 284.
. FHG, IV, 28b, frg. 4, 5, 6.
s H'HIG AL 87
B GO 20 mi
AVANT APOLLONIOS 67
raconté, comme Akésandros, la colonisation de Théra et la fondation de Cyrène!.
Les historiens de Cyzique ont recueilli de nombreuses légendes locales relatives au voyage des Argonautes. Néan-
thès, qui écrivit les Annales des habitants de Cyzique?, racontait longuement le séjour des héros dans cette ville
et leurs aventures. Le même sujet fut traité par Deilochos ou Deiochos, auteur d’un ouvrage sur Cyzique cité plus souvent que le précédent.
Les historiens d’Héraclée ont aussi fait allusion au séjour des Argonautes. Deux d’entre eux, Promathidas et Nymphis, semblent avoir été contemporains d’Apollonios; d’après les scolies, le poète les aurait parfois imités. Promathidas® avait conté la mort de l’Argonaute Idmon chez les Mariandynest. Nymphis’, dans un ouvrage en treize livres selon Suidas, avait recueilli des traditions du même genre. On retrouve chez lui des allusions à la mort d’Idmon et de Tiphys, ainsi que plusieurs détails géographiques sur la côte méridionale du Pont-Euxinf.
La chronique locale devient de plus en plus minutieuse et érudite; cet effort de compilation et d’exactitude nous montre que nous sommes arrivés à la période hellénistique.
Ill. — La Poésie alexandrine.
Aux Alexandrins on peut joindre un poète du ve siècle, Antimaque, leur précurseur. Dans son élégie de ZLydé, l’auteur, à propos de Médée, rappelle plusieurs épisodes du voyage des Argonautes, par exemple l'abandon d'Héraclès à Aphétai, la poursuite des Harpyes par Zétès et Calaïs
. Scol. À. Rh., IV, 1750.
’Qoor Kutenvov, FHG, III, 2 sqq.
DEEE ANR ENCAE
Fre. ? — scol. A. Rh., II, 815.
AHHCGITI e12
Frg. 1, 2, 6, 14, 19.
canpenr
jusqu'aux îles Strophades, la légende de Phinée, les exploits de Jason en Colchide et son mariage avec Médée!. Sur le retour des Argonautes, l’auteur revient à l’ancien itinéraire par l'Océan et la Libye’. On voit d’après ces exemples un des caractères d'Antimaque : pour montrer son érudition et donner à son œuvre un aspect antique et légendaire, il rejette de parti pris les traditions récentes ou scientifiques et préfère soit les plus anciennes, qu’il emprunte aux vieilles épopées, soit les plus rares et les moins connues. Cette recherche de la couleur antique et du détail curieux annonce déjà la poésie alexandrine.
À l’époque hellénistique, à côté des historiens et des géographes, les poètes vont tirer parti de la légende argonautique, en particulier Théocrite et Callimaque.
Théocrite, dans le cadre restreint de l’idylle, n’a point songé à traiter le mythe d’Argo tout entier, ni même les plus importants de ses épisodes. Il s’est donc contenté d’en choisir deux qui pouvaient être racontés brièvement, ceux d'Hylas et d’Amycos®. On connaît le fameux récit de l’enlèvement d'Hylas. Au point de vue géographique le poète rappelle la traversée des roches Kyanées, situées à l’entrée du Pont-Euxin, et place l'enlèvement d'Hylas à Kios, sur la rive asiatique de la Propontide. Le premier épisode de la XXJ1e Idylle, intitulée Hymne aux Dioscures, a pour sujet le combat de Pollux contre Amycos, déjà traité par Pisandre de Rhodes, Epicharme et Sophocle. Ce pugilat mémorable aurait eu lieu, d’après Théocrite, sur la côte asiatique du Pont-Euxin, au delà des Roches Kyanées et du Bosphore. Ù
Nous connaissons moins Callimaque, dont les écrits nous sont parvenus d’une manière fort incomplète. Le poème des
1. BErGk, PLG, 3° 6d., p. 611/ss., frg. 11/— sc0l. A. Rh.; IV, 1153. 2. ET US NT, LV 200
DL EI Et ER XIE