Op. cit
surtout Homère, à qui il a emprunté plusieurs noms de villes comme Dardania, Abydos, Percoté et Pityéia, mais il n’a pas craint d'y ajouter ceux de Rhoïtéion et d’Abarnis qu'Homère n'avait pas cités. 11 est donc impossible d’admettre la théorie de Walther, d’après laquelle le poète aurait pris soin de ne citer que des noms empruntés à Homère. L'ordre suivi par Ayollonios est à remarquer : il a énuméré toutes ces villes à leur place exacte, dans l’ordre où on les trouve en remontant l’Hellespont, comme s’il avait eu sous les yeux une carte ou un périple. Il à donc complété en les précisant les frenseignements que lui fournissait Homère.
Au delà de Pityéia, les Argonautes sortent de l’Hellespont et se trouvent en Propontide. Cette expression, qui désigne la mer de Marmara, n’est pas homérique et ne $e rencontre pas avant Hérodote et Eschyle’.
Après avoir franchi l'Hellespont de nuit, les Argonautes arrivent bientôt à l’emplacement de Cyzique, et comme cette région est le théâtre de plusieurs épisodes importants, le poète la décrit minutieusement”. IL a topographie remplace la géographie :
« Il est à l’intérieur de la Propontide une île escarpée; près du continent de Phrygie riche en blé, elle s'incline vers la mer, séparée de lui par toute la longueur d'un isthme baigné des flots et qui s’abaisse en pente vers la terre ferme; elle a des rivages accessibles de deux côtés et situés au delà du fleuve Aisépos. Mont des Ours est le nom que lui donnent les voisins; des Géants l’habitent, féroces et sauvages... Mais les environs de l’isthme et de la plaine avaient pour habitants les Dolions®, »
Cette description détaillée n’est pas toujours claire. Le poète oppose l’île appelée Mont des Ours et peuplée de
er Hpr., IV, 85; Escn., Pers., 876.