‹ La Géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de RhodesChapitre 7 sur 222 · H. BERGER, 0p. cil., II, 52 ss. e h · texte numérisé non relu

H. BERGER, 0p. cil., II, 52 ss. e h

5, SusemixL, Geschichte der griechischen Lilteratur in der Alexandriner-

zeit, 1, 649; BERGER, 0p. cit., III, 1 58.; ENDREs, Geographischer Hori-

d’Aristote s'intéresse à cette science comme à la botanique et à la zoologie. Il fait mesurer les distances parcourues par son armée et noter de nombreux renseignements sur les pays qu’il traverse. Il découvre le golfe Persique et ses campagnes fournissent des indications nouvelles sur certains problèmes géographiques comme la circumnavigation de l'Arabie et de l'Afrique, la nature de la mer Caspienne considérée comme un golfe ou un lac et les rapports supposés du Nil et de l’Indus.

Néarque, commandant en chef de la flotte d'Alexandre, explore le cours de l’Indus et la côte entre ce fleuve et l’Euphrate. Gorgos, surnommé le mineur, visite des mines d’or et d'argent au pays du prince indien Sopeithès, et Androsthénès de Thasos, une grande partie des côtes d'Arabie.

Vers la fin du règne d'Alexandre ou peu après sa mort, Pythéas, le plus grand voyageur de l’antiquité, explore avec plus d’audace et de science les régions parcourues déjà par Himilcon!. Parti de Marseille, il suit les côtes ibériques et armoricaines, fait le tour de la Grande-Bretagne, regagne la Manche, suit le rivage méridional de la mer du Nord, atteint les pays de l’ambre aux environs du Slesvig-Holstein et de la Scandinavie, pousse une pointe vers le Nord et la mystérieuse Thulé, probablement au delà de la Norvège, puis revient à Marseille par les côtes de la Manche, de l'Atlantique et de la Méditerranée. Son périple, curieux mélange de science et d'imagination, à la fois vivant et instructif, fut consulté par Timée et eut un grand succès chez les Alexandrins avant d’être décrié à l’époque romaine.

Les successeurs d'Alexandre, Lagides et Séleucides, suivent son exemple : voyageurs, géographes, historiens s’intéressent aux régions mal connues d'Asie et de Libye.

zont und Polilik bei Alexander dem Grossen in den Jahren 330-323, Wurzbourg, 1924; Tu. Birr. Alexander der Grosse und das Weltgriechentum bis zum Erscheinen J'esu, Leipzig, s. d. [1925].

1. BERGER, 0p. cil., III, 7 ss.; JuLLIAN, Hist. de la Gaule, 1, 385 ss.; A. GRENIER, La découverte du Rhin, p. 9 ss.; DAMSTE, Pytheas Massiliensis (Mnemosyne, 1917, pp. 181-185).

Démodamas de Milet décrit les contrées voisines de l’Iaxarte : Patroclès, vers 285, distingue ce fleuve du Tanaïs et explore la mer Caspienne. Dionysios visite l'Inde par ordre de Ptolémée Philadelphe et Ariston, peut-être à la même époque, les côtes d'Arabie. Mégasthénès, ambassadeur de Seleucos Nicator auprès du roi Sandracottos (302- 297) à Palibothra, précise l'étendue et la situation de l’Inde, décrit le Gange et l’Indus et étudie les productions de ce pays, ses différentes populations, ses institutions politiques ou religieusest. Sous les deux premiers Lagides, la Haute- Egypte et l'Ethiopie sont parcourues par Philon et Dalion, le pays des Troglodytes par les chasseurs d’éléphants Satyros et Eumédès.

Ces voyages lointains et ces découvertes exercent durant la période alexandrine une influence sur la géographie et sur l’histoire, qui sont tantôt romanesques ou exotiques, tantôt scientifiques. Dans les Aistoires Philippiques de Théopompe, Silène décrit un continent situé au delà de l'Océan et habité par le peuple heureux des Méropes. Evhémère place dans une île voisine de l'Inde le séjour du peuple idéal des Panchaiens. Amométos compose un livre romanesque sur les Attacores de l'Himalaya et un ouvrage à la fois géographique et merveilleux sur la Haute-Egypte.

Un certain Iamboulos, peut-être du ire siècle, racontait un voyage en Inde au milieu d’un peuple heureux qui pratiquait la communauté des femmes et des enfants.

L'Egypte, comme l'Inde, est décrite par les amateurs de géographie fabuleuse. Hécatée d’Abdère ou de Téos, sous Alexandre ou Ptolémée Soter, compose un ouvrage romanesque sur l'Egypte, mélange de vérité et d'invention, et sur les Hyperboréens, qu’il place dans une certaine île Helixoia, en face du pays des Celtes, sur la côte nord-ouest

1. SCHWANBECK, Megasthenis fragmenta, Bonn, 1846; FHG Didot, II, 397 ss.

Apollonios

du continent européen’. Léon de Pella décrit l'Egypte sous la forme d’une prétendue lettre d'Alexandre à sa mère Olympias.

Parmi les représentants de la géographie scientifique, on peut citer Cléon de Syracuse, Timagétos, Timosthénès de Rhodes, auteurs de traités Sur les ports, le philosophe Dicéarque et surtout Eratosthène, successeur d’Apollonios comme bibliothécaire d'Alexandrie et l’un des fondateurs de la géographie mathématique.

Les historiens d'Alexandre, en racontant sa vie, furent souvent amenés à décrire les régions traversées par lui. Aristoboulos était connu pour ses belles descriptions de pays lointains, tandis que le merveilleux et la rhétorique gâtaient les récits d'Onésicritos, de Callisthénès et de Cléitarchos. La céographie était aussi représentée dans les nombreuses histoires locales publiées durant la période hellénistique : celles de Sicile et d'Italie par Lycos de Rhegion, Douris de Samos et Timée, celles de Cyzique par Néanthès, d'Héraclée par Nymphis, de l’Attique par Istros.

A la géographie merveilleuse on peut rattacher un genre nouveau, la paradoxographie, collection de curiosités de toute espèce et de toute provenance, inaugurée par Callimaque et représentée avant Apollonios par Nymphodoros et par l’auteur du traité meot Gauuxolov dxovouérov, faussement attribué à Aristote : là encore la géographie est mise à contribution.

Enfin la géographie, scientifique ou merveilleuse, a envahi là poésie. Philétas, Lycophron et surtout Callimaque ont subi son influence. Ce dernier, qui fut le maître d’Apollonios, écrivit des ouvrages de géographie, d'histoire et d’ethnographie sur les coutumes barbares, les fondations et les changements de noms de villes et d'îles, les fleuves de la terre, les noms de peuples et les merveilles du monde en-

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