Frg. 7 Jacoby — scol. Ap., I
semble faire partie des légendes d'Héraclée. Il est probable qu'Apollonios à emprunté à cet historien quelques détails de l’épisode!, mais en y joignant des souvenirs des Lestrygons de l'Odyssée. En supposant qu'Héra avait poussé les Géants à attaquer Héraclès et ses compagnons, le poète suit une vieille tradition qui fait de la déesse l’ennemie du héros?. Ilest à remarquer que ce travail d'Héraclès n’est cité que par Hérodoros et Apollonios. Deilochos racontait que les Dolions, Pelasges d’origine et pacifiques, se croyant attaqués par des pirates thessaliens, avaient tenté de boucher l’entrée du port de Cyzique appelé Chytos; Apollonios, reprenant la tradition la plus ancienne, attribue aux géants les méfaits que Deilochos impute aux Pélasges Dolions. Tel est en effet le sens de deux scolies qui ont été parfois mal interprétées dans quelques détails. La première’, dont le sens n’est pas douteux, sert à expliquer la seconde moins claire :
«Les Pélasges essayèrent de combler le port Chytos, dit Deilochos, par haine des Thessaliens qui les avaient chassés. Apollonios dit poétiquement qu'il fut comblé par les Géants ». Ce texte permet de traduire ainsi la seconde scolie* : « Deilochos dit que les Thessaliens (c’est-à-dire les compatriotes de Jason) vivent de leur travail. Apollonios dit que les Géants attaquèrent les Argonautes parce qu'ils les prirent pour des pirates, comme le dit Deilochos ». On voit clairement que le scoliaste, s'appuyant sur le témoignage de Deilochos, oppose les Argonautes Thessaliens, pacifiques et laborieux, aux Dolions leurs ennemis, belliqueux et inhospitaliers. Apollonios prête done aux géants les mêmes sentiments qu'Homère aux Lestrygons et
1. C’est la conclusion de KNAACK, p. 41 et de Knorr, De Ap. Rh. Argonaulicorum fontibus quaesliones selectae, Dissert. Leipzig, 1902, 28 ss.