‹ La Géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de RhodesChapitre 83 sur 222 · OI · texte numérisé non relu

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3. Pruin., H. IN., V, 127; cf. PRELLER-ROBERT, op. cit., III, 849, n. 6; scol. Ap., II, 2; STrAB., 245, 34 et 464, 18.

et,comprennent « un cap s’élevant au-dessus de la terre et très étendu à voir d’un golfe ». De La Ville de Mirmont traduit « un rivage qui s'élevait autour d’une baie et qui semblait très vaste ». Le scoliaste! explique sicavéyouoxv par éééyovouv xal Ernpuévnv À dvéyououv &xrhv dvaretauévnv : tous ces mots éveillent l’idée d’un promontoire qui $’avance vers la mer et qui s’élève au-dessus d'elle. Mooney rejette l'explication de Lebrs et de Shaw : à son avis, il ne s’agit pas d’un cap « s’élevant au-dessus de la terre » mais « se dirigeant vers la terre » si l’on se place au point de vue des navigateurs, comme dans un autre passage d’Apollonios?. T1 traduit alors « une pointe de terre faisant saillie, une étendue vaste à voir du golfe ». Mooney confond ainsi les deux sens d’eiouvéyo avec l’accusatif et le génitif; celui de Lehrs est confirmé par la scolie, tandis que celui de Mooney conviendrait si le verbe était construit avec un accusatif®. Le golfe pourrait être celui d’Astacos ou un autre sur la côte méridionale de la presqu'île deBithynie; le vaste promontoire, soit celui qui se trouve au sud-est de Chalcédoine (Héraion, aujourd'hui Ferner Bournou), soit plus à l’est le cap Leucatas (aujourd’hui Yelken Kaya Bournou), soit le promontoire qui s’avance à l’entrée du golfe d’Astacos vers le nord, c’est-à-dire le cap Acritas (aujourd’hui Touzla Bournou). La description du poète, il faut le reconnaître, manque de clarté et ne permet pas de choisir. La description du pays de Phinée semble montrer que la première localisation est la plus vraisemblable.

Lorsque les Argonautes ont vaincu Amycos et les Bébryces, ils remontent aussitôt le Bosphore: c’est done toujours sur la côte bithynienne de Propontide, entre le Bosphore et le golfe d’Astacos, que le poète place le lieu du combat. Un

INY, PAIE . Comme aux vers IV, 1577 sq.

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autre détail intéressant est donné par lui : après la mort d'Amycos et la défaite des Bébryces, les Argonautes offrent un sacrifice aux immortels et chantent un hymne en l'honneur de Pollux après s'être couronné le front avec les branches d’un laurier auquel était amarré le navire!'. Ce laurier, nous apprend le scoliaste, n’est pas une invention poétique de l’auteur :

« I1 y a vraiment à cet endroit un laurier de belle taille, comme le dit Androitas de Ténédos dans son Périple de la Propontide, où il raconte en passant que la contrée s'appelle Amycos, qu’elle a aujourd’hui encore des habitations et qu’elle se trouve à cinq stades du sanctuaire des Nymphes de Chalcédôn. Apollodoros, au premier livre des Pontiques, dit qu'il existe au même endroit un temple d’'Amycos et que si l’on prenait une branche du laurier, on s’exposait à un reproche? ».

Le combat de Pollux et d’Amycos, d’après une version ancienne qui remonte à Peisandros de Rhodes, Epicharme et Sophocle, ne se terminait pas par la mort d’Amycos comme dans les Argonautiques : le roi des Bébryces était simplement vaincu et attaché à un arbre. Telle est probablement l’origine du laurier dont parle le poète. Les œuvres d'art avaient aussi contribué à répandre cette tradition : une peinture de l’école de Polygnote représentait Amycos lié à un arbre; ce tableau à inspiré la célèbre ciste de Ficoroni, gravé à Rome au début du Ie siècle par Novios Plautios*, où l’on voit le colosse attaché à un laurier. Apollonios, tout en suivant la tradition récente d’après laquelle Amycos est tué, à done tenu compte de l’ancienne en faisant intervenir le laurier dans son récit. Le caractère sacré de ce laurier est confirmé par Pline et Etienne de Byzancet. Pline rappelle qu'il existait sur le Bosphore un port d’Amy-

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