EuR., /. r., 422; Thgr., XIII
LE VOYAGE DES ARGONAUTES : l'aLLER
Ce terme Kyanées signifie d'un bleu sombre , il serait justifié d'après cette remarque de Tournefort : « La pierre du pays^ a dans sa couleur grisâtre quelque chose qui tire sur le bleu plus ou moins foncé, et c'est ce qui avait fait donner le nom d'Isles ou de pierres Cyanées aux écueils dont on vient de parler^ ». Il se rencontre notamment chez Sophocle et Démosthène^
Lorsqu 'Homère décrit les Planètes de l'Italie méridionale, il les représente comme des roches volcaniques et mobiles, qui écrasent les navires en se rejoignant. D'après ce passage, on ne peut les distinguer clairement des Kyanées du Pont- Euxin; aussi seront-elles confondues longtemps après lui. Hérodote par exemple cite les « roches appelées Kyanées, que les Grecs disent avoir été Planètes^ »; il les place à l'entrée du Pont-Euxin, mais le terme par lequel il fait allusion à leur ancienne mobilité prouve qu'il garde le souvenir d'Homère.
Chez ApoUonios, la distinction est nette, sauf en un seul passage où le poète a commis de nombreuses erreurs sous l'influence d'Homère, où il appelle Roches Planètes les Kyanées du Pont-Euxin, attribue à Héra l'aide prêtée aux Argonautes par Athéna et emprunte à V Odyssée l'expression « tempêtes de feu », qui ne convient pas aux Kyanées, mais aux Planètes volcaniques"*. Le récit de la traversée des Kyanées est très émouvant : on y voit les héros lutter à la fois contre les courants, les vagues énormes et les remous produits par le déplacement des roches.
Au moment où, immobilisé entre elles, leur navire va être écrasé, Athéna, placée sur « la côte inhospitalière de Thynie », lui donne une forte poussée en s'appuyant contre