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ga géographie. De son temps, on ne croyait plus à la légende des Roches Kyanées puisqu'Eratosthène, successeur d'Apollonios à la bibliothèque d'Alexandrie et un peu plus jeune que lui, montre qu'elle est née d'une illusion^ : ce sont les rives mêmes du Bosphore, qui semblent se toucher lorsqu'on les voit de loin ou obliquement et s'écarter lorsqu'on s'avance au milieu du détroit. Si Apollonios a introduit cet élément fabuleux dans son itinéraire, c'est qu'il était célèbre depuis Homère et inséparable du voyage des Argonautes. En effet, nous savons par V Odyssée' qu'Ulysse, pour se rendre de l'île de Circé à Ithaque, a le choix entre deux routes passant par les Roches Planètes ou par Charybde et Scylla. Les premières furent traversées jadis par les Argonautes à leur retour^^ et, comme elles sont voisines de Charybde et Scylla, des Sirènes et de l'île de Trinacrie, il est évident qu'Homère les place dans la même région,' vers l'Italie méridionale et la Sicile. Apollonios distingue les Planètes homériques, roches volcaniques de l'Italie méridionale, et les Symplégades ou Kyanées situées à l'entrée du Pont-Euxin, mais il a conservé les unes et les autres dans son itinéraire, puisque les Argonautes franchissent les Kyanées en gagnant la Colchide et les Planètes au retour. Il est à remarquer que l'auteur des Argonautiques n'emploie pas le terme bien connu de Symplégades, mais celui de Kyanées et de PlégadesS qui lui est particuHer. L'expression Symplégades se trouve souvent chez les poètes lyriques et tragiques^ Pindare les appelle SùvSpo^xot Tréxpat, nom imité par Apollonios sous la forme cMpo^io^ Trexpàc^v* et qui rappelle le terme auvSpo(xàSeç employé par Euripide et Théocrite'.
2: Xlt fr^s^''^" ^''''^' ^''^^^^«■^^«^«T> ^P- "^-^ ni, 826 et n. 1.