Pd., p., IV, 203; Eur., /. T., 218; A. Bh., II
LE VOYAGE DES ARGONAUTES : L ALLER
A) La Bithynie
Phinée avait recommandé aux Argonautes de fuir les « brisants » de la côte de Bithynie. Ils rament donc avec ardeur un jour et une nuit, passent devant le fleuve Ehébas, le rocher de Coloné, le cap Mêlas, l'embouchure du Phyllis, le temple du héros Dipsacos et le Calpé « au cours profond », puis s'arrêtent à l'île déserte de Thynie. Suivant son habitude, le poète énumère ces détails comme dans un périple. Cet itinéraire et l'usage fréquent de la rame provoquent d'amusantes réflexions de Tournefort :
« Les Grecs et les Turcs ne sont plus guère habiles que Tiphys et Nauplius qui conduisirent Jason, Hercule, Thésée et les autres héros de la Grèce, jusque sur les côtes de la Colchide ou de la Mengrélie. On voit par la route qu'Apollonios de Rhodes leur fait tenir, que toute leur science aboutissait, suivant le conseil de Phinée, cet aveugle roi de Thrace, à éviter les écueils qui se trouvent sur la côte méridionale de la mer Noire, sans oser pourtant se mettre au large; c'est-à-dire qu'il fallait n'y passer que dans le calme. Les Grecs et les Turcs ont presque les mêmes maximes... A l'égard de la manœuvre, ils l'ignorent tout à fait, leur grand mérite est de ramer. Castor et Pollux, Hercule, Thésée et les autres demi-dieux se distinguèrent par cet exercice dans le voyage des Argonautes; peutêtre étaient-ils plus hardis et plus forts que les Turcs... Ce qu'il y a de fâcheux pour ceux qui naviguent sur la mer Noire, c'est qu'elle a peu de bons ports, et que la plupart de ses rades sont découvertes^ »
Le Ehébas, ou Ehébaios, aujourd'hui Eiva, était déjà cité dans le périple attribué à Skylax et, d'après le scoUaste, on l'appelait aussi Salmydessos comme un de ses affluents ^ A deux reprises le poète l'appelle coxup6y;c;, « au cours rapide », et Walther se demande si l'expression est juste^ Braun parle du Eiva, « le seul petit cours d'eau important de la