Walther, p. 55 n
PONT-EUXIN : LA BITHYNÎ'ii
presqu'île de Bithynie, qui se jette dans la mer Noire à quelques kilomètres à l'est du Bosphore^ ». Tournefort, qui campa près de son embouchure, « le long de l'eau dans des prairies marécageuses », affirme que la réalité ne correspond pas à la description du poète :
« Riva, que je viens d'app 1er une rivière, n'est pourtant qu'un ruisseau large à peu près comme celui des Gobelins, tout bourbeux, et dont l'embouchure peut à peine servir de retraite à des bateaux; cependant les anciens en ont fait sonner le nom bien haut, sous celui de Bhehas. Denvs, le géographe, qui a fait trois vers en sa faveur, l'appelle une aimable rivière; Apollonius le Rhodien, au contraire, en parle comme d'un torrent rapide. 11 n'est pourtant ni aimable ni rapide aujourd'hui, et suivant toutes les apparences, il n'a jamais été ni l'un ni l'autre. Ses sources sont vers le Bosphore, du côté de Sultan Solyman Kiosc, dans un pays assez plat d'où il coule dans des prairies marécageuses parmi des roseaux. 11 n'est pas surprenant que Phinée eût donné une idée si affreuse de ce ruisseau aux .Vrgonautes, lui qui regardait les îles Cyanées comme les écueils les plus dangereux de la mer. »
Un peu plus loin il raconte qu'il s'est promené avec sa suite, « le long du ruisseau qui devenait si marécageux, qu'il fallait à tous moments revenir sur nos pas, de crainte de nous engager dans des lieux impénétrables; nous fûmes enfin contraints de nous tenir sur les hauteurs^ ». Le témoignage de Tournefort est donc formel : le Ehébas n'est qu'ime rivière lente et bourbeuse et le poète ne l'appelle « rapide » que pour lui donner une certaine importance. Cette importance, il est vrai, est justifiée par la rareté des cours d'eau en cette région et par le fait que, d'après Apollonios, ce fleuve sert de frontière entre les Bébryces de Bithynie et les Marian dynes d'Héraclée. D'après Arrien, son embouchure se trouvait à 90 stades à l'est du temple de Zeus Ourios^ En même temps que le Ehébas, le poète cite
1. Landschaf Isbilder lom Bosporus,\^ {CoTi^iQ.xiimo\)\t. O. Keil. 1906).