Op. cit., III
LE VOYAGE DES ARGONAUTES : l'aLLER
dit Vital Cuinet, et décrite par lui enl838\ En 1862, Perret et Guillaume nous donnent sur elle de nombreux renseignements :
« Il paraît aisé de retrouver la fameuse caverne... Au nord de la ville, à un kilomètre environ de la muraille, se trouve, cachée derrière une hauteur, une petite vallée qui vient déboucher à la mer auprès d'un beau platane. Il y coule un ruisseau que bordent deux murs de rochers... En trois endroits différents, dans le rocher qui forme la paroi gauche de la vallée, s'ouvrent de larges grottes qui descendent rapidement vers la mer. »
La première, la moins profonde, est pavée de mosaïque; la troisième est un simple prolongement de la seconde que les auteurs décrivent ainsi :
« On y entre par un étroit soupirail où s'enfonce un escalier tournant creusé dans le roc; elle paraît pénétrer très avant; ce doit être ce gouffre de deux stades de profondeur dont parle Xénophon... On entend couler à peu de distance des eaux qui forment, nous dit le guide, une rivière où l'on pourrait naviguer avec un petit bateau : c'est sans doute le fleuve infernal, l'Achéron. Cette eau est très froide; elle n'irait pas à la mer toute voisine, assure-t-on dans le pays, mais ne déboucherait qu'à une assez grande distance d'Héraclée, tout près d'Amascra, l'ancienne Amastris.. On comprend les traditions qui, dans l'antiquité, avaient consacré ces grottes; la rapidité avec laquelle s'enfonce le sol et s'abaisse le plafond, ce bruit d'eaux qui coulent dans les ténèbres, et s'en vont on ne sait où, tout cela avait dû frapper les imaginations. Ce qui témoigne du culte que l'on rendait en ces lieux à Hercule, et du caractère sacré de cette vallée, c'est l'immense quantité de stèles votives et funéraires qui semblent en former le sol-. »
Certains détails, on le voit, ne concordent pas avec la description des Argonautiqucs. Les eaux qui coulent près de la deuxième grotte sans atteindre la mer ne sont pas celles de l'Achéron, fleuve qui se jette dans le golfe d'Héraclée. Il faudrait plutôt l'identifier avec le premier ruisseau
1. V. CuiNET, op. cil., IV, 512; cf. von Diest cité plus loin.
2. Exploration archéologique de la Galatie ei de la Bithynie, 16 sq.
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PONT-EUXIN
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cité par les voyageurs, celui qui coule dans « une petite vallée qui vient déboucher à la mer auprès d'un beau platane et que bordent deux murs de rochers ». C'est sans doute rin-déré de von Diest, et les deux murs de rochers font songer au profond ravin, xoiXyj çàpay^S dont parle le poète grec.
Von Diest, dans le récit de son voyage publié en 1889, décrit la même région en rappelant les travaux de ses prédécesseurs :
« Comme aux voyageurs précédents, les Grecs du pays nous montrèrent une grotte qui aurait été regardée dans l'antiquité comme celle qui conduisait à l'Achéron. Llle se trouve sur la rive gauche du ruisseau désigné par Ainsworth sous le nom de Giaour-lrmak et appelé par moi In-déré. A cet endroit se trouvent plusieurs grottes l'une à côté de l'autre, dont les plus sèches ont servi de bergeries. La plus grande a son entrée large de quinze pas, elle est haute comme les trois quarts d'un homme, et à l'intérieur une fois et demi comme un homme. Sa largeur, atteint soixante-quinze pas. Quand on y fait quarante pas en ligne droite commence un lac dont on ne peut pas voir la profondeur et l'étendue vers le sud... 11 y a dix ans encore, des restes d'ancienne mosaïque doivent avoir été visibles sur le sol de la grotte. Bore, en 181^8,' fait aussi allusion à un escalier qui conduisait à la mer et aux parois duquel on avait creusé çà et là dans le roc des niches qui avaient servi autrefois à des statues. Roré pense que cet endroit était le sanctuaire d'Héraclès. D'après Quintos de Smyrne, c'était un Nymphaion consacré à Pan et aux Nymples du Pont; leurs statues et leurs symboles « s'y trouvaient reproduits » (Ritter). Perrot aussi a visité ce lieu et encore vu l'escalier (en 1867'-). »
Von Diest cite encore le témoignage d'Hommaire de Hell et ajoute que le mot In-déré signifie le ruisseau de la caverne.
Aucun de ces voyageurs, on le voit, ne confirme les renseignements du poète sur les souffles glacés qui s'exhalent de la caverne, mais tous sont d'accord pour citer plusieurs grottes à l'endroit indiquépar lui. Il a donc puisé sa science à bon-