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LE VOYAGE DES ARGONAUTES : L* ALLER
soumit ensuite tous les Paphlagoniens « autour desquels se brise l'eau noire duBillaios^ )>. On ne voit pas bien si ce vers désigne tous les Paphlagoniens habitant à l'ouest ou à l'est du Billaios : dans le premier cas, le poète placerait leur frontière occidentale entre ce fleuve et le cap Achérousis, par conséquent aux environs du Callichoros, comme l'avait fait Skylax^; dans le second cas, cette frontière serait le Billaios et les conquêtes d'Héraclès s'étendraient à l'est de ce fleuve. Cette théorie se rapprocherait de celle de Strabon, qui fait du Parthénios la limite occidentale des Enètes ou Vénètes.
On constate que le poète ne fait aucune allusion aux Caucones cités par Homère et Hérodote^ : d'après Strabon* ils habitaient la côte entre les Mariandynes et les Vénètes Paphlagoniens, la région de Tiéion, limitée à l'est par le Parthénios et à l'ouest probablement par le CalUchoros. A l'est du Carambis, Phinée place l'Aigialos, qui s'étend jusqu'au fleuve Halys : il semble faire de ce fleuve la limite orientale de la Paphlagonie, ce qui est conforme à l'opinion la plus répandue, celle d'Hérodote reproduite par Strabon^ Mais la suite du récit d'Apollonios, plus précise que la prophétie du vieillard, montre qu'un autre pays se place entre la Paphlagonie et le fleuve Halys, l'Assyrie. Pour le poète, la Paphlagonie et l'Aigialos se terminent donc à Sinope,
D) L'Assyrie
Après avoir côtoyé l'Aigialos à la rame, les Argonautes débarquent « sur la terre assyrienne », où Zeus avait transporté Sinopé, fille d'Asopos. Cette allusion à Sinope, qui sera plus tard le nom d'un© riche colonie de cette région,