KiEPERT, Manuel, p. 49 ss.; Besnier, Lexique
placent à la fois dans l'Arménie et à rintérieur de la Médie, dans la Géorgie actuelle, au pays de Sper (aujourd'hui Ispir) appelé Hyspiratis, Hespéritis ou Syspeiritis. Ce dernier nom se trouve chez Strabon et correspond aux environs d'Erzeroum selon Mueller.
Quant aux Byzères, Hécatée et Skylax en faisaient mention avant ^Vpollonios; Strabon les cite parmi les peuplades barbares des environs de Trapézonte; on les retrouve enfin chez des auteurs de périégèses^
H) La Colchide
Ayant dépassé le pays des Byzères, les Argonautes aperçoivent de loin le Caucase, où gémit Proniéthée, et l'extrémité orientale du Pont-Euxin. Conduits par Argos, fils de Phrixos, les héros arrivent de nuit à l'embouchure du Phasis et le remontent à force de rames jusqu'à la ville d'Aiétès. Dans cette région se déroulent les principaux épisodes des Argonauiiques\ aussi le poète la décrit-il avec
soin. "
Sur la rive droite du fleuve est située Aia, ville que le poète distingue d'Aiaié, l'île de Circé. Déjà Homère et Mimnerme plaçaient Aia ou l'île Aiaié d'une manière vague en Orient, sur les rives de l'Océan; Eumélos, plus précis, affirme qu'elle se trouve en Colchide" et cette localisation a prévalu depuis. Apollonios s'est donc rallié à l'opinion commune, mais il ne s'est pas contenté de cette indication; il a décrit le Phasis et les environs d'Aia. Le Phasis, d'après le poète, prend sa source aux Monts Amarantes^ tradition déjà rapportée, selon le scoliaste, par Ctésias ; c'est pour-
1. HÉCAT., frg. 207 Jac; Skyl., 82 sq. Denys Pér., 765; Prisc, 739;. Avien., 946; Pline, Mêla, Amm. Marc, loc. cil.;
2. HoM., Od., XII, 1 sqq.; MiMN., frg. 11 Bergk; Eumélos, frg. 2 et 3
3. II, 399 et scol.; III, 1220 et scol. Cf. Vib. Sequester, p. 150, éd. Riese.
LE VOYAGE DES ARGONAUTES : L* ALLER
quoi le poète l'appelle Amarantien. Ce cotirs d'eau a ponr affluent le lycos^, « fleuve qui s'ëloignant, de l'Araxès sonore, porte au Fhasis son cours sacré; et tous deux réunis en un seul coulent vers la mer Caucasienne ». Il est évident que ce Lycos est différent du fleuve de Bithynie qu'Apollonios a cité après le Sangarios, au pays des Mariandynes. Cette fois, la science géographique d'Apollonios est en défaut, car ses affiin:ations reposent sur d'étranges erreurs. D'abord le Lycos dont il parle est-il l'affluent de l'Iris indiqué par Strabon^ et qui prend sa source en Arménie, c'est-à-dire à peu près dans la même région que le Phasis et l'Araxès ? Cn serait tenté de le croire à cause du voisinage des deux autres fleuves cités par Apollonios et telle est l'opinion de Mooney^. Mais ce fleuve, se dirigeant de l'est à l'ouest vers le pays des Amazones, s'éloigne si nettement du Phasis, qu'il est difficile de croire à une telle erreur d'Apollonios. Un autre passage de Strabon^ nous fait préférer une solution différente. Le géographe, parlant des fleuves d'Arménie, s'exprime ainsi : « Il y a plusieurs fleuves dans cette région ; les plus connus sont le Phasis et le Lycos, qui se jettent dans le Pont-Eu:xin (Eratosthène, à tort, remplace le Lycos par le Thermodon); le Kyros et l'Araxès, dans la mer Caspienne; l'Euphrate et le Tigre, dans la mer Eouge ». Ce Lycos est-il le même que l'affluent de l'Iris ! Les éditeurs du Strabon-Didot, C. Mueller et Duebner, le pensent, puisque, dans leur index alphabétique, ils font mention de ce passage, à côté des précédents où il est question de l'autre Lycos, et leur opinion est généralement admise®.
Mais il est plus probable que le nom de Lycos, très répandu en Asie-Mineme, a été donné à un fleuve qui se jette