E. Reclus, Nouvelle Géographie Universelle, VI
LE VOYAGE DES ARGONAUTES .* l' ALLER
rend en char. Sur la riTe g anche, l'antenr place nn lien couvert d'herbes appelé « conche dn bélier^ », les fondements d'nn autel de Zens protecteur de fugitifs, enfin une plaine et un bois consacrés à Ares. On ne voit pas toujours à quels auteurs le poète a emprunté ces détails, le scoliaste étant fort sobre de renseignements.
Apollonios appelle la ville des Colques Aia et la distingue de la ville de Circé qu'il nomme Aiaié, comme Homère. Mais le second mot n'est qu'une épithète tirée du premier : en effet, l'expression Aiaié (habitante d'Aia) désigne tour à tour Médée et Circé dans les Argonautiques, ou bien elle est presque toujours accompagnée d'un substantif ^ En outre Médée et Circé sont fille et sœur d'Aiétès, l'éponyme d'Aia : il est donc probable qu'à l'origine Aia était leur commune demeure. De bonne heure on a commencé à distinguer deux Aia, l'une en Colchide, l'autre en Occident; c'est pourquoi Hérodote emploie toujours l'expression : « l'Aia de Colchide^ ».
Le poète applique au roi de Colchide, à son pays et à sa ville l'épithète de Kytaien^ L'origine de ce mot est assez obscure : d'après le scoliaste% il existait une ville appelée Kytaia en Colchide et une autre en Scythie, sur la côte européenne du Pont-Euxin; la dernière est souvent citée par les géographes», tandis que l'autre leur est inconnue et n'est guère citée que chez Callimaque, Lycophron et dans les Argonautiques Orphiques imitées d'Apollonios'. C'est donc probablement une tradition récente, chère aux Alexan-