‹ La géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de Rhodes [microform], Thèse principaleChapitre 177 sur 279 · L ALLER · texte numérisé non relu

L ALLER

Les détails que ron peut recueillir sur eux dans les Argonautiques donnent l'impression d'un peuple civilisé, puissant et belliqueux. Le poète parle souvent du peuple innombrable des Colques, des Colques guerriers et il nous décrit la force de leur armée ou de leur flotte et la puissance du roi Aiétès, qui pourrait, s'il voulait, porter la guerre jusqu'en Hellade^

Sur leur religion, le poète signale simplement le culte d'Ouranos et de Gaia^ et une curieuse coutume funéraire : tandis qu'ils enterrent les femmes, ils suspendent à des arbres les cadavres des hommes enfermés dans des peaux de bœufs, détails empruntés à Nymphodoros d'après le scoliaste^, qui les explique ainsi : comme les Colques adorent surtout Ouranos et Gaia, le ciel et la terre, ils partagent les morts entre ces deux divinités : les femmes sont livrées à la terre, déesse femelle, tandis que les hommes appartiennent à Ouranos, dieu mâle. L'habitude d'enfermer les morts dans des peaux de bêtes rappelle certaines pratiques des Egyptiens* et des Indiens d'Amérique^.

Les Colques avaient pour principaux ennemis leurs voisins du Nord, les Sauromates, peuple inconnu d'Homère et souvent cité par Hérodote®; nous n'avons aucun renseignement sur ces guerres. Le voisinage des Sauromates et des Colques est confirmé par Strabon, qui appelle Sauromates les habitants de Dioscourias, au nord du Phasis'.

1. II, 417, 1204 sq.; III, 212; IV, 215 sqq., 236 sqq., 1102 sqq.

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