IV, 289ss, 305ss
LE VOYAGE DES ARGONAUTES : LE RETOUR
Qu'est-ce que la mer de Trinacrie par opposition à la mer
Ionienne ?
Le fils de Phrixos dit aux Argonautes que la mer de Trinacrie baigne leur pays; il appelle donc ainsi la mer qui se trouve à l'est de la Sicile, le long de la côte occidentale de Grèce, c'est-à-dire la partie méridionale de la mer Ionienne. Puisqu'une branche de l'Istros se jette dans cette mer, l'autre est sans doute celle du Pont-Euxin; mais d'après les manuscrits, elle se jette aussi dans la mer Ionienne. Merkel conserve cette expression et l'introduit même dans un autre passage concernant le fleuve Achéron d'Héraclée, où les manuscrits donnent T.viTiv^ D'après lui, la partie occidentale du Pont-Euxin est appelée mer Ionienne par Apollonios, comme le prouvent les vers 289 et 308 du chant IV et un passage d'Ammien Marcellin. Cette interprétation repose sur plusieurs erreurs. Même, si, au vers 289, l'expression mer Ionienne peut désigner le Pont-Euxin, au vers 308, elle s'applique à la mer communément appelée Ionienne ou Adriatique : en effet, le poète montre clairement que les Colques arrivent dans la mer Ionienne après avoir quitté le Pont- Euxin et remonté l'Istros. Quant au passage d'Ammien Marcellin^ « Bospori vocati quod per eos quondam Inachi iiiia... ad mare lonium permeavityy, il est trop vague pour justifier l'interprétation étrange de Merkel : les courses d'Io sont capricieuses, le pluriel Bospori s'applique au Bosphore cimmérien conmie à celui de Thrace et rien n'empêche d'admettre qu'Io les traversa l'un ou l'autre pour se rendre dans la mer appelée généralement Ionienne.
Ni Apollonios ni Ammien Marcellin ne prouvent que l'expression de mer Ionienne ait jamais désigné la partie occidentale du Pont-Euxin. Il faut donc renoncer à la théorie de Merkel et retoucher le texte des manuscrits. La correction y)olT)v ou YjcoTijv, orientale, introduite par Gerhard et adop-