‹ La géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de Rhodes [microform], Thèse principaleChapitre 187 sur 279 · XXII · texte numérisé non relu

XXII

L*ISTROS

tée par de La Ville de Mirmont et Mooney, paraît préférable à 'A^elvY]v proposé par Flangini et Y)(i.eT£p-)Qv dû à M. de Wilamowitz^ Ce dernier invoque la paraphrase du scoliaste^ eiç TYjv xae' Y][xà(; eàXaoaav, mais cette expression concerne Eschyle au lieu d'Apollonios et désigne la Méditerranée, non le Pont-Euxin. La correction de Gerhard est la plus voisine du texte des manuscrits et on peut invoquer en sa faveur le passage où Apollonios cite l'Achéron d'Héraclée qui se jette dans la mer « Orientale ».

Quant au vers 308, le texte en est clair : puisqu'il désigne la mer Ionienne ou 2^.driatique, il n'y a pas lieu de le corriger, et de remplacer cette fois 'lovirjv par ^^oCyjv comme l'ont fait de La Ville de Mirmont et la plupart des éditeurs. L'Istros se jette donc à la fois dans la mer Ionienne ou Adriatique et dans la mer Orientale ou Pont-Euxin.

Cette division n'est pas inventée par le poète. D'après le scoliaste, Eschyle, dans le Prométhée délivré, attribuait à ce fleuve trois embouchures, une dans le Pont-Euxin, une dans l'Adriatique et une dans « notre mer », c'est-à-dire la Méditerranée en général ; cette dernière branche traversait probablement le paysdesCeltes et se jetait dans la partie occidentale de la Méditerranée, au golfe deLigurie. Dans la même tragédie, Eschyle faisait descendre l'Istros du pays des Hyperboréens et des Monts Rhipées; c'est pourquoi le scoliaste prétend qu'ApoUoniosde suit», c'est-à-dire est d'accord avec lui sans l'avoir forcément imité. Cette division en plusieurs bras ne se rencontre pas chez Hérodote : d'après lui l'Istros se jette dans le Pont-Euxin par un delta, après avoir reçu de nombreux affluents^.

La théorie d'Eschyle est reprise au iv® siècle avec une légère modification : le nombre des bras est réduit de trois à deux. Cette opinion se rencontre chez Skylax, Aristote,

Page 1