Partsch, op. cit
Drave ou la Save, qui sont à peu près parallèles. Vu son importance, nous choisirons plutôt la Save avec Partsch, car elle est navigable comme le Danube. Le rocher Cauliacos se trouverait donc au confluent des deux cours d'eau, dans la région de Belgrade.
Il faut remarquer toutefois que les Cauliaques ou CauUques d'Hécatée, d'après Etienne de Byzance, habitent près d'un golfe au fond de l'Adriatique. Partsch a d'ailleurs essayé de les identifier avec les Flamonienses Culici de Pline, qui seraient voisins d'un sinus Flanaticus situé en Liburnie près du golfe oriental de l'Istrie^ Comme cet emplacement nous conduit très loin à l'ouest de la prétendue bifurcation et du mont Cauliacos, on pourrait en tirer argument contre la théorie de Partsch, mais il ne faut pas oublier qu'Apollonios ne se rend pas compte de la distance qui sépare le Pont de l'Adriatique. Il nous dit en effet que les Colques d'Apsyrtos, pénétrant dans l'Istros par la bouche Calon, traversent une « langue de terre »,aùxéva yxit^^, et arrivent au fond du golfe le plus reculé de la mer Ionienne. Sans doute cette expression, comme celle d'LCT0pi6ç, peut désigner une bande de terre très large^, mais elle montre que le poète ne se représente pas la péninsule balkanique comme s 'élargissant à mesure qu'on remonte vers le nord. Mooney^, à ce propos, parle de la « géographie imaginaire » du poète. En réalité, l'idée que les Balkans se rétrécissent entre le Pont et l'Adriatique semble correspondre à la science incomplète de son temps. D'après Théopompe, on voyait les deux mers du sommet d'une montagne et elles n'étaient séparées que par un isthme*.
1. Partsch, die Lika in Rômischer Zeit, Vienne, 1900, p. 266; Pline, H. N., III, 150.
2. Cf. auxir]v correspondant à cinq jours de marche, Hdt., I, 72 et la région du Caucase, entre le Pont et la mer Caspienne, appelée ta6(x6ç par Strab., 427, 10.