III. — L'Adriatique
Par les deux branches de l'Istros, les Colques, sous le commandement d'Apsyrtos, arrivent dans la mer Ionienne ou mer de Cronos, nom qui, chez le poète, désigne l'Adriatique. Le premier, qui ne se trouve pas dansHomère, est bien connu à partir d'Hérodote'. Apollonios n'a pas employé les mots Adrias ou Adriatique, qui se rencontrent
chez le même historien-.
L'appellation « mer de Cronos » est curieuse. D'après Eschyle, la mer Ionienne s'appelait anciennement « le grand golfe de Bhéa' »; cette dernière étant la femme de Cronos, les deux expressions paraissent voisines et archaïques. D'après un récit d'Apollonios, c'est dans cette mer qu'aurait été jetée la faux qui mutila Oronos' : cette légende expUque peut-être l'expression du poète. On doit constater cependant qu'après les Argonautiques on n'appelle pas mer