V. — Le Rhodanos
De l'Eridanos, les héros entrent dans 1- Rhodanos qui communique avec lui. « Ce fleuve, dit le poète^, vient des confins de la terre, où sont les portes et les demeures de la Nuit; c'est de là qu'il s'élance, puis d'un côté il se déverse su. les rivages de l'Océan, de l'autre il se jette dans la mer Ionienne, de l'autre enfin il envoie ses eaux par sept embouchures dans la mer Sardonienne et son golfe immense ». En descendant le Rhodanos, les Argonautes traversent « les lacs au climat rigoureux qui s'étendent à l'infini sur le territoire des Celtes». C'est à hauteur du rocher Herkynien que se séparent deux bras du Rhodanos, qui se dirigent l'un vers l'Océan, l'autre vers l'ouest de la Méditerranée. Les héros passent dans ce dernier et arrivent à la mer en traversant le territoire des nombreux peuples celtes et ligures.
Cette géographie du Rhodanos est un mélange de fable et de science comme celle de l'Eridanos. L'allusion aux portes et aux demeures de la Nuit, situées aux confins de la terre, rappelle un passage de la Théogonie hésiodique^ d'après lequel la Nuit habite aux extrémités de la terre un gouffre souterrain où sont enfermés les Titans : nous sommes en