‹ La géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de Rhodes [microform], Thèse principaleChapitre 217 sur 279 · Ibid., n. 7 et · texte numérisé non relu

Ibid., n. 7 et

LE VOYAGE DES ARGONAUTES : LE RETOUR

serait pas le Ehin, mais il comprendrait la Thielle, les lacs de Neuchâtel et de Bienne, puis l'Aar, affluent du Ehin. Arrivés à La Tène, à la sortie du lac de Neuchâtel, les Argonautes, effrayés par le cri d'Héra, reviennent en arrière pour atteindre de nouveau le Rhône.

A cette théorie s'oppose celle des savants qui, rejetant l'identification des Monts Herkyniens avec les Alpes, les placent près du Bhin et des sources de l'Istros, c'est-à-dire dans la Forêt-îsoire actuelle. Much^ s'efforce de montrer que, d'après tous les témoignages anciens, les Monts Herkyniens ne sont pas les Alpes, mais les montagnes boisées de l'Allemagne du Sud en général. Partsch^ reprenant la même théorie, affirme que les Grecs, jusqu'à la traversée d'Annibal en 218, n'ont pas connu les -Alpes. En effet un égyptien comme Apollonios ne met pas en doute l'unité nationale de la Celtique transalpine et cisalpine. Le nom même des iVlpes était inconnu d'Aristote et des géographes alexandrins dont il nous reste des fragments. Ephoros, parlant d'une Colonne du Nord située au pays des Celtes, considérait vaguement que les hautes montagnes de l'Europe occidentale, Alpes et Pyrénées, s'étendaient de TOcéan à l'Adriatique. Eratosthène, dans sa carte du monde, ignore les Alpes et pour Apollonios elles n'existent pas. Cette lacune s'explique par ce fait que les Grecs pénétrèrent à l'intérieur du continent en contournant les Alpes par Marseille et les colonies du Pont-Euxin. C'est donc en Allemagne du Sud, non loin des sources de l'Istros, qu'il faut placer le rocher Herkynien du poète.

(( Le point où la direction océanique d'un cours d'eau apparaissait clairement était la région de Waldshut ou de Bâle. C'est là qu'il était temps pour Héra de pousser le cri d'alarme qui effraya les Argonautes et leur fit rebrousser chemin. La Forêt-Noire est la partie de l'Herkynios drymos où le Danube

1. Hercynia {Zeilschr. fur Deutsches Altertum, XXXII, 1888, pp. 454- 462).

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