La découverte du Rhin, p
LE VOYAGE DES ARGONAUTES : LE RETOUR
l'itinéraire des Argonautes mentionne les fleuves, les lacs et la forêt Hercynienne, tandis qu'il néglige les Alpes\ »
L'interprétation de M. Grenier nous parait acceptable et plus conforme au texte d'Apollonios que celle de M. Jullian. Il semble difficile de placer le Eocher Herkynien ailleurs qu'au sud de la Forêt-Noire et de voir dans l'àTroppco^ qui entraîne les Argonautes vers le nord un autre fleuve que le Ehin. Toutefois, l'itinéraire proposé par M. Grenier n'est que le plus vraisemblable; le texte d'Apollonios est trop vague pour qu'on en puisse tirer des conclusions certaines. M. Grenier l'a d'ailleurs remarqué justement :
« Pour n'être pas entièrement fausse, au moins dans ses grandes lignes, cette géographie romanesque d'origine commerciale n'en demeure pas moins énigmatique, imprécise et incomplète. Elle ne donne de la réalité qu'une image approximative. On s'explique aisément la sévérité des savants à son égard ^. »
Il est équitable d'ajouter que ces connaissances incomplètes sont celles des géographes au temps d'Apollonios. On ne saurait donc reprocher au poète leur insuffisance.
Eevenus du Ehin dans le Ehône, les Argonautes descendent ce dernier fleuve vers la Méditerranée, et, enveloppés d'un nuage, « à travers les peuples innombrables des Celtes et des Ligures, ils s'avancent invisibles^ ».
L'allusion aux Celtes est fort intéressante, car elle montre combien ApoUonios s'éloigne d'une géographie archaïque : les Celtes sont en effet inconnus d'Homère et d'Hésiode. Ils apparaissent pour la première fois chez Hécatée, qui place Marseille « en Ligurie près de la Celtique^ ». Hérodote ne les connaît pas sur les côtes de la Méditerranée, et les place tout à fait à l'ouest de l'Europe, au delà des Colonnes