C. A. Rhomaios, art. ciié, p
LE VOYAGE DES ARGONAUTES *. LE RETOUR
Dès que les Colques apprennent la décision d'Alkinoos an sujet de Médée, ils l'acceptent, mais, craignant la colère d'Aiétès, supplient le roi des Phéaciens de les recevoir dans son pays. Installés à Corcyre, ils vécurent à côté des Phéaciens jusqu'au jour où les Bacchiades de Corinthe vinrent coloniser Corcyre. Les Colques passèrent alors dans « une île située en face » (on ne voit pas laquelle) et plus tard près des Monts Kérauniens, au pays des Abantes et des Nestiens, dans la ville d'Oricos. Cette histoire des Colques après leur installation à Corcyre est empruntée par ApoUonios à Timée, qui, dans un fragment reproduit par le scoliasteS citait les Abantes, les îs^estiens et Oricos. Les Abantes sont des colons venus d'Eubée, dont ils furent les premiers habitants^, et qui fondèrent la ville d'Abantia^ en Epire. Skylax et Eratosthène citent les Nestiens comme un peuple d'IUjrrie et les placent plus au nord que Timée et Apollonios*. Oricos ou Oricon est située sur la côte orientale de l'Adriatique, immédiatement au nord des Monts Kérauniens. Hécatée, Hérodote et Skylax l'ont citée et Pline*^ confirme qu'elle fut fondée par les Colques; c'est l'Ericho moderne.
L'épisode du séjour des Argonautes à Corcyre représente un curieux mélange de traditions homériques et de légendes plus récentes. Le récit des événements et la géographie sont évidemment influencés par le souvenir de VOdyssée, mais les imitations de Timée semblent les plus nombreuses. A la géographie assez vague d'Homère, ApoUonios a substitué des renseignements précis, empruntés à des auteurs plus récents; aussi est-il parvenu le plus souvent à cette « exactitude d'historien » que vante parfois le scoliaste. Sa géographie est devenue scientifique.