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GÉNÉRALITÉS
loin (l'être tciiiiiiié uprè.s cet événement capital, se piolon^ie par un ample réeil. du rel-our d<*s' Aruonanle.s e( s'achève bru.squenienf^ 8an8 conclusion, par l'arrivée doi^ héros i\ Pagasai. Il est vrai <ji.e, dans une sorte de prolo.^ue le poète rappelle en (jue.'iiues vers le conflit de Jason avec Péiias et la construcf ion du navire Ar.i^o avec rai(h> d'.Vt héna : mais ce -sont pour lui <i".s thèmes acccssoir^'s, il se confenle d'y îairo allusion et ne veut pas Ic^ traitcj- lou«^uement. xVussitot après ce i)as.s;iire, il annouf^e le véritable sujet en ces termes : <( ^Maintenant, je vais conterla race et le nom des héros, leur voyage sur la vaste niei' cl leurs exploits dans leurs courses errantes^ y. Autrement dit, le poème comprend le catalogue des .Vrgo; autcs, leur itiuérai?'(î détaillé vi le récit de leurs aveutur(\s. Apolionios ne veut chanter (jiie le voyage des héros, U-^ aventur(\s com])iises entre leur départ et leur retour. Les évéuemenls (|ui surviennent avant ou après iw rin'éressent pas : il h'S passe sous silence ou y fait à peine allusion. CV-s limites imposées à son récit, comme la longue narration du ictour des Argonautes, montrent ((ue le poète veut donn<'r une .^laudc place à la géographie e( même li:i subordonner la juythologie.
Cette intention est confirmée ])ar la comj)ositiou du poème. Dans rensembt^, c'est le récit d'um^ longue navi<ratioii, un journal de boid : l'itinéraire est indiijué en détail •ptape par étape, et Iq^ légendes mylhologiques, cY'St-à-dire es aventures des Argon.autes (hins les ])ays où ils abordent, sont racontées à mesure (pf elles trouvent place dans Titinéraii'e. La mythologie se ramène donc à une série d'épisodes do longuem- inégale, leliés entre eux par l'itinéraire des Argonautes. Ainsi la géographie explique la composition du poème : elle sert de Lien entre une multitude de récits très différents par la valeur Httéraire, l'intérêt, la longueirr ou le ton général. C'est elle qui maintient quelque unité dans l'œuvre d'Apollonios.
LA C.KOC.nAPIIlE DANS LT'S AUGONAUTIQUES
L'importance de la géographie apparaît aussi dans le catalogue des A.rgonautes : le poète y indique non seulement le nom et la généalogie d(î cha(|ue héros, mais encore sa ville natale. Les 55 Arg(uiautes nv sont i)as énumérés au hasard, nuiis (dassés d'après leur pays d'origine, conmie les guerriers grecs et troyens dans le catalogue des vaisseaux de Vlliadr. ]j\\ géoLrra])hie ex])li(|ue donc la conisitioii du catalogue cojunH; celle des Anjonaviiqiiea eu général.
Enfin, si l'on se rappelles que le voyage des Argonautes est immense, que leur retour, long et difficile, se fait par une route différente de l'aller et cpie les détails de ritinéraire sont indi(iués exactement, on ariive à cette conclusion que la géographie est ]>ien lélément principal du poème. Ce n est pas étonnant si Ton considère la place qu'elle avait prise dans la littérature au début de la période hellénistique.
LA GÊOUUAPIIU; AVANT APOLLONIOS
cnAriTKE II
L\ (ii:()(.lt.\!'iHi: AVAM Al'OLLOMOS
Eu i^ciivaut uue éi.opdo gcograi>l,i.,u.., Aj.ollonio.s «o conformait au goût d, ses eouteuiporaius pour uue .scieuce qui, déjà euricliic peudaut cjuaMe siècles par lo.^ voyages doxploraliou eu pays loiutaius, avai(, fait ,Ie grauds progrès depuis les eauipagues d'Alexaudre.
Eutre le viue et le VF siècle, la colouisation grecque avait ouvert a la gè..,.rapl,ie naissaute uu vaste douuune on reeulaut les linntes du uuuule couuu. J.es Phoo.'.eus fondateurs ,lo Massalia. avaient occupé les côtes ligures et ibenques jusqu'à lopuieute TaMessos et visité TA-lriatique La S.cde, lltalie iP.encUouale, la Cyréuaïque, FEgypio .<:-ta.eut ouvertes au eouuuerçaut ou cultivateur venu dEubée de Mégare, de Corinthe ou de Lacouie. Le Massaho e Eutlonucuès avai;, visité la côte oceidcnlale de Libye'. Mdet ncl.e u.étropcde des colonies de l'ropontide et du Pont-Euxui, éfa,t devenue un centre d'études géographiques avec le philosophe Anaximandre, les logographes ceatée et Deuys^ A ia fin du vi» siècle, Perses, Etrusques et Carthaginois arrêl.,at Texpansion hellénique à l'Est connue à l'Ouest, nuus les « barbares » continuent les vova^^es
holonisalion [Pliilulonm inuL\ ViV f A V ^'^•^«'•l. i>ie ionische
d'ex i)I()rat ion : des riiéiiieiciis, sur l'ordie do Kochao, roi d'Egyi^le, font le tour de la Libye^, dont la côte occidentale est explorée par le Cartlia;:iinois Uannon jusqu'au golfe de Guinée. Un autre Carthaginois, lliinilcon, ac('oniplit le yova^^e de Cadix à la mer du Nord par les côtes d'Espagne, de France et de Grande- I>retagne=. Ces deux périples sont connus des Grecs ])ar une traduction avant le ni^ siècle.
Après cette brillante période, Tliorizon de la géographie hellénique ne s'élargit pas beaucoup. Les grands voyages, l)lus rares, ne fournissent guère que de nouvelles précisions sur des pays déjà connus. Hérodote, voyageur curieux, corrige et complète parfois les données de la géographie ionienne sur l'Egypte, la Libye, le Nord et l'Ouest de l'Europe, la Scyt hie et l'empire ])erse. Ctésias, médecin à la cour d'Art axerxès, décrit les merveilles de l'Jnde et de la Perse, mais n'est pas pris au sérieux^ L'expédition des Dix- :\lille, de 101 il :ît)i), fut en même tem])s une aventure i]iiiilair(î et un voyage d'exploration. Si Xénophon n'en a pas c()m]>ris toute l'importance pour la géogra])hie\ on lui doit (iuel(ju(\s intéressantes des(îiiptions de i)euples barbares aux moiurs étranges. Le i)éiij>l(i funssement attribué à Skylax ne décrit (lue les côtes de la Méditerranée et du l'ont-Euxin; il ne semble i)as antérieur au iv^ siècle et résume les connaissances (jue l'on possédait, sur ces régions avant Alexandre.
Grâce au génie du concpiérant,, les progrès de la géographie, assez lents dans la ])ériode de transition qui suivit les travaux des ioniens, deviennent plus rapides^ L'élève