L'HELLESPONT
signifie simplement « entre les deux rives^ ». La première exphcation et celle de de La Ville de Mirmont sont inacceptables : puisque le navire est poussé par le vent du sud, le seul favorable dans cette région, les Argonautes n'ont pas besoin de ramer ni de passer d'une rive à l'autre. îs'ous préférons celle de Seaton, la plus voisine du sens étymologique de SiàvStya, ( par le milieu en deux parties», que l'on retrouve dans un autre passage des Argonantiq^ues et chez
Homère^.
Lorsque les héros ont doublé l'extrémité de la Cherso-
nèse, le poète a soin de fixer leur position :
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ixÉTpeov, *I8a[7)v èizi Se^ià yatav ^x^vteç.
De La Ville de Mirmont traduit : « Ils avaient laissé au nord l'autre mer dès le matin, et, à la nuit, ils arpentaient les flots limités par le rivage rhoétéien, ayant à leur droite la terre idaienne ». Mooney adopte ce sens et explique que la pleine mer se trouve au nord par rapport aux Argonautes, dès qu'ils se sont engagés dans l'Hellespont. Mais la mer qu'ils ont laissée ne peut être que la mer Egée, qui se trouve au sud et à l'ouest par rapport à eux. En réalité Kaeû:tepee, comme dans un passage déjà cité, désigne le large, la pleine mer par opposition au détroit. Le poète appelle terre idaien- . ne la rive asiatique de l'Hellespont, nom dérivé du fameux mont Ida de Troade cité par Homère (aujourd'hui Kara- Dagh) et situé à une soixantaine de kilomètres de la côte^ Les Argonautes passent devant le. cap de Khoitéion et Dardania, abordent à Abydos, puis continuent vers Cyzique en dépassant Percoté, Abarnis et Pityeia.