‹ La géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de Rhodes [microform], Thèse principaleChapitre 73 sur 279 · Pers · texte numérisé non relu

Pers

5. Tournefort, Relation d'un voyage en Orient, Paris, 1717, II, 161.

gg LE VOYAGE DES ARGONAUTES : l' ALLER

En 1836, de Moltke s'exprime ainsi :

« Une autre circonstance rend très difficile l'entrée des vaisseaux dans la Propontide par les Dardanelles : le vent souffle presque continuellement pendant tout l'été; les vaisseaux mariîhands restent souvent quatre à six semaines sans avancer, et quand enfin le vent du sud s'élève, il faut qu'il soit très fort pour vaincre le courant de l'Hellespont, qui coule constamment vers le sud^ ».

Dans les Instructions Nautiçtnes, on trouve plus de détails :

Le courant général dans les Dardanelles porte de la mer de Marmara dans la Méditerranée, c'est-à-dire qu'il a la direction du sud-ouest... Lorsque le vent souffle du nord, la force du courant augmente, surtout dans les passages étroits, et l'on a constaté qu'elle atteignait parfois cinq milles à l'heure entre les Vieux-Châteaux... Comme les vents du nord-est prédominent pendant neuf mois de l'année, on peut considérer le courant sud-ouest comme presque permanent. De Gallipoli à Koum-Kaleh, on peut prendre comme moyenne de courant la vitesse de 1 mille et demi à l'heure... 11 n'est pas rare de voir dans le canal d Ténédos ou dans les autres mouillages deux ou trois cents navires attendant une brise favorable^. »

Homère avait déjà parlé de l'Hellespont u au coui'ant violent^ ». C'est donc à dessein que notre poète fait intervenir le îs otos, seul vent qui permette aux Argonautes de franchir l'Hellespont. Plus tard, dans la traversée du Bosphore, ils seront arrêtés par les vents étésiens.

Un détail a embarrassé les commentateurs : le poète dit que le navire s'avance StàvSixa'- Les uns traduisent « de deux manières », c'est-à-dire « à la rame et à la voile »; d'après Hoelzlin, c'est « vent arrière », < à pleines voiles », de manière que le vent ne souffle ni à droite ni à gauche; de La Ville de Mirmont traduit « tantôt d'un côté, tantôt de l'autre », autrement dit en louvoyant; Seaton pense que ce mot

l. De Moltke, Lettres sur VOrienl, traduites de l'allemand, Paris,

1872 n &8 SQ 2 1. N.y n^71S, p. 466-468, citées par V. Bérard, op. cit., I, 81 sq.

3! //., Il, 845 et XII, 30.

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