ScoL Ap., I, 957; cf. Arg. Orph
nautes, ils essayent de boucher l'entrée du port l\i;ytos en y lançant des rochers, comme les Lestrygons.
Dans le voisinage, les Argonautes, avant de quitter le beau port, élèvent un autel à Apollon Ecbasios, c'est-à-dire qui préside aux débarquements. D'après le scoliaste, cet autel était consacré à Apollon protecteur de Jason (lasonios) selon Deilochos, à Apollon de Cyzique selon Socrates, auteur d'un ouvrage sur les Surnoms. Le poète a donc attribué aux Argonautes la fondation d'un culte dont les historiens locaux lui révélaient l'existence. L'épithète lasonios lui montrait d'ailleurs que le culte d'Apollon à Cyzique était lié au voyage des Argonautes.
Dès leur arrivée au beau port, les Argonautes échangent la pierre qui leur servait d'ancre contre une plus lourde. Celle qu'ils abandonnèrent fut plus tard placée dans le temple d'Athéna lasonia par les Ioniens qui vinrent coloniser Cyzique sous la direction de >^éleus. Le poète a dû emprunter cet aition à quelque chronique locale. Pline l'Ancien^ reproduit cette tradition avec plus de détails, confirmant ainsi les renseignements d'ApoUonios. Le port Chytos, où les Argonautes conduisent leur navire sur l'invitation des DoHons, est, comme l'indique son nom, un port artificiel, protégé par des jetées. Seul l'auteur de ÏEtymologicum Magnum le cite sous ce nom, mais Strabon affirme que Cyzique possédait deux ports « fermés^ », probablement par des digues, ce qui confirmerait le renseignement du poète.
Pendant qu'Héraclès et les plus jeunes héros conduisent ainsi le navire d'un port à l'autre, Jason et plusieurs de ses compagnons, suivis par le roi Kyzicos et quelques Dolions, se rendent du beau port au mont Dindymon par un chemin
2. 492, 51; cf. Forbiger, II, 128; MApguARDT, Cyzicus, 13; Has-
LUCK, Cyzicus, 5.
LA PROPONTIDE ET CYZIQUE
LE VOYAGE DES ARGONAUTES
que l'on a appelé depuis « route de Jason^ ». Ce nom ne se retrouve pas ailleurs.
Tels sont les renseignements que le poète nous fournit sur le port de l'ouest et le mouillage voisin. Sur le port de l'est, il nous apprend peu de chose. D'après son récit, les Argonautes, après avoir quitté le port Chytos, continuent leur route vers l'est; ils ont donc contourné la presqu'île de Cyzique et suivi les côtes de Mysie lorsqu'une violente tempête et un vent contraire les ramènent pendant la nuit à Cyzique. Sur ce point le poète est bien renseigné : Wiegand et Philippson parlent des violentes tempêtes du nordest qui rendent difficile la navigation autour de la presqu'île de Cyzique^ Là encore, au lieu d'entrer dans le port situé à l'est de la ville, ils se réfugient dans un mouillage voisin et attachent leur navire à une pierre appelée plus tard « Pierre Sacrée=^ ». L'origine de cet aition nous échappe. Après le combat contre les Dohons, engagé par suite d'une méprise, les héros, n'ayant plus aucun danger à craindre, conduisent à la rame leur navire dans le « port Thrace^ ». Le scoUaste nous explique ainsi ce nom : « On l'appelle port Thrace parce que Cyzique est située à l'extrémité de la Phrygie, que la Bithynie se rattache à la Phrygie et que les Bithyniens sont les Thraces de l'est; ou bien parce que des Thraces ont habité Cyzique ». Quelle que soit la valeur de ces exphcations, il en résulte qu'on appelait ainsi le port situé à l'est de Cyzique, ce qui est conforme au récit d'Apollonios. D'après Marquardt, ce serait donc le port appelé aujourd'hui Eodia ou Eavo«. Il se trouverait au fond du golfe qui s'étend à l'est de la presqu'île de Cyzique, c'est-àdire le golfe de Pérama ou de Panderma. Un chemin conduit