Op. cit., p. 49 sq
LE VOYAGE DES ARGONAUTES : L*ALLER
dernière partie de la description ajoute quelques détails au récit du voyage des Argonautes entre Abydos et Cyzique. Adrastéia est le nom d'une ville et d'une plaine. La ville était déjà citée dans le catalogue de Vlliade^ en même temps qu'Apaisos, Pityéia et le mont de Téréia. Le voisinage de ces villes, comme les indications d'Apollonios, permettent de supposer qu'elle se trouvait à l'ouest de Cyzique et du fleuve Aisépos. Strabon cite à la fois la plaine et la ville. Il place la ville entre Parion et Priapos^ et affirme que le Granique coule en grande partie à travers la plaine d'Adrastéia^ Si l'on consulte la carte, on voit que les indications d'Apollonios sont exactes. Entre la presqu'île de Cyzique et le cap nommé aujourd'hui Kara Bouroun, au nord de l'ancienne Priapos, la Propontide forme un vaste golfe dans lequel se jettent l'Aisépos et le Granique. La côte, basse entre les deux fleuves, est marécageuse aux environs de leur embouchure. Le Granique (aujourd'hui Bigha-Tchaï) coule dans une large plaine qui, d'après Strabon, est celle d'Adrastéia. Sur l'emplacement de la ville, nous n'avons aucune indication précise. Hasluck suppose qu'elle se trouvait près de Bighashehr^ La plaine est appelée par le poète Népéienne. Sur ce mot, le scoliaste fournit quelques renseignements^ : d'après Denys de Milet, Képéia est une plaine de Mysie qui tire son nom de Képéia, fille d'Iasos, qui épousa le roi de Mysie Olympes; Apollodore citait une plaine de Népéia en Phrygie; Callimaque, dans son SeeaZe, parlait d'Adrastéia et de la plaine de Képéia. Le rapprochement de la ville et de la plaine fait par Apollonios prouverait qu'il s'est rappelé ce passage; il a ainsi complété la brève indication d'Homère sur Adrastéia par un souvenir de son maître Callimaque.