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C. Vallaux, Géographie sociale, La Mer, p

PREMIERE PHASE

qui filaient à toute vapeur vers le Skager-Rak, tous feux éteints.

Les dreadnoughts et les croiseurs dont Guillaume II et Tirpitz étaient si fiers rentrèrent dans leurs ports. Ils n'en sortirent plus, sauf un seul jour, le 3i mai 1916. Quelques unités se détachèrent parfois pour de rapides et fuyantes randonnées. Mais le gros de la flotte ne quitta plus les eaux allemandes que pour prendre, en novembre 191 8, le chemin de la rade d'internement de Scapa Flow.

Les alliés des Allemands imitèrent naturellement leur exemple. Tandis que la flotte germanique se réfugiait à Kiel, dans le canal et à Wilhelmshaven, les navires autrichiens abandonnaient la Méditerranée à la flotte française et s'enfermaient à Pola et à Cattaro*

Dès les premiers jours, la stratégie de la bataille, pour laquelle toutes les flottes avaient été préparées, se trouvait en défaut. Sans combat, l'Entente anglo-française était maîtresse des voies d'accès maritimes de l'Europe : les zones d'atterrage et les étroits étaient en son pouvoir. Sans combat, l'Allemagne était bloquée par mer. Ses bateaux marchands se réfugiaient dans les ports neutres ou étaient pris par les arraisonneurs de l'Entente. Le pavillon commercial allemand disparaissait de la surface des mers. L'Allemagne était coupée de ses colonies, qui devaient tomber et qui tombèrent en efiét les unes après les autres aux mains des Alliés.

On peut croire que les Allemands ne comprirent pas tout d'abord la portée du blocus. Nétaient-ils pas certains d'écraser et de dominer le Continent en peu de semaines ? S'ilsjy étaient arrivés, ils auraient pu faire peu de cas du blocus maritime : au moins le pensaient-ils. Cette illusion fut tenace chez eux; l'étendue des conquêtes germaniques en Europe contribua à la fortifier. Jusqu'à la fin de 19 16, le chancelier Bethmann-Hollweg affirmait encore « qu'on ne saurait [bloquer un territoire qui s'étend d'Arras à la Mésopotamie ».

Cependant, l'Allemagne commença à s'inquiéter lorsque

Brunhes et Vallaux.

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la bataille de la Marne et la guerre des tranchées firent entrevoir, pour la première fois, la longue durée. probable de la guerre.

Alors, la guerre maritime dépouilla peu à peu, aux yeux des Allemands eux-mêmes, son caractère épisodique et occasionnel. Graduellement elle passa au premier plan des préoccupations des adversaires. Comme nous Tavons indiqué (| i), rénorme\ enjeu de la guerre navale ne pouvait se dégager qu'avec le temps. Cet enjeu ne consistait en rien moins que les moyens nécessaires pour vivre et pour se battre ; à mesure que les réserves de l'Europe devaient s'épuiser, l'Allemagne comme l'Entente ne pouvaient obtenir ces moyens que par la voie des mers. A la fin de 19 14, on était encore loin de l'épuisement. Mais les hommes prévoyants de l'un et de l'autre camp commencèrent à calculer son échéance \ L'Allemagne se rationna la première. L'Entente, qui se croyait sûre de garder ses communications aisées par la voie des mers, ne le fit pas, et elle eut tort.

Comme les moyens d'action manquaient départ et d'autre, puisque tout avait été prévu pour la bataille désormais impossible, la guerre maritime languit et tâtonna quelque temps.

L'Allemagne fit la folie d'attaquer la mer par terre ; l'Entente fit celle aussi grande d'attaquer la terre par la mer, et elles échouèrent toutes deux (| 4) .

La marine allemande, chassée des mers d'Europe dès le 3 août, essaya de se maintenir dans les mers lointaines, tant pour couper les communications commerciales des puissances maritimes que pour tâcher de conjurer le sort réservé aux colonies germaniques. Pour la première fois depuis le xviii^ siècle, il y eut des coups de canon entre Européens

I. Albert Métin, successivement pendant la guerre, ministre du Travail, sous-secrétaire d'Etat des Finances et sous-secrétaire d'Etat du Blocus, demandait, vers la fin de 1915, que la France pratiquât une politique de restrictions et de rationnement. Si cette politique avait été suivie, elle nous eût évité bien des angoisses aux derniers mois de la guerre. Malheureusement on n'écouta pas Métin. Le gouvernement français aima mieux faire railler par ses journaux les Allemands porteurs de vêtements de papier et mangeurs de pain de guerre moisi.

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dans le Pacifique, dans TOcéan Indien et dans l'Atlantique Sud, On eût pu se croire revenu au temps de Hughes, de SufFren et de Rodney.

Mais la campagne des croiseurs allemands fut courte. Elle ne pouvait être dans la guerre qu'un épisode secondaire et fugitif. Au xviii'" siècle, le voilier tenait longtemps le large sans toucher terre. Le croiseur moderne est bien plus dépendant de ses bases terrestres. lia besoin de points d'appui et de dépôts de charbon : lAllemagne n'avait ni les uns, ni les autres.

Aussi, après quelques exploits dus à la surprise, les croiseurs allemands, pourchassés par les Anglais, les Australiens et les Japonais, succombèrent rapidement. Leur unique division groupée, après avoir réussi à détruire quelques vieux croiseurs anglais au combat de Coroncl dans le Pacifique (i''' novembre 1914), succomba complètement au bout de peu de semaines, à la bataille des îles Falkland (8 décembre). A la fin de 1914, il ne restait plus dans les mers lointaines un seul navire battant pavillon allemand, sauf le Kœnigsherg embouteillé dans un estuaire de l'Afrique orientale. Les canons et les munitions débarqués du croiseur contribuèrent à prolonger l'étonnante résistance de cette colonie, îlot de la domination allemande qui tint quatre ans contre les attaques répétées de l'Angleterre, alors que les autres colonies avaient depuis longtemps cessé d'exister. Lorsque l'Empire germanique succomba sous les coups de ses adversaires, l'Afrique orientale allemande, réduite à quelques groupes de combattants perdus dans la brousse, durait encore ^

Cet épisode est glorieux pour les Allemands; mais, comme il fut isolé, il n'eut aucune action sur le résultat de la guerre maritime et coloniale.

Les Allemands comprenaient au reste, aussi bien que leurs ennemis, que le sort des colonies se déciderait sur les terres et sur les mers d'Europe.

Dès Tautomne de 1914, l'arme sous-marine attire l'attention de l'amirauté germanique. L'Entente se servait de ses sous-marins, à peu près sans succès, pour inquiéter les flottes ennemies dans leurs ports, et les sous-marins s'empêtraient dans les filets sans rien faire d'utile. L'Allemagne se servit

I. Il faut admirer la ténacité et lenergie du commandant des troupes coloniales allemandes, le général von Lettow-Vorbeck, qui tint jusqu'à la fin sans aucun espoir d'être secouru.

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de ses submersibles, avec plus de bonheur, pour tenter, au large, des surprises contre les croisières de haute mer. Les premiers résultats dépassèrent sûrement les espérances : ils servirent à orienter les plans et les projets futurs pour rompre le blocus et enlever à l'Entente la maîtrise des mers.

Les historiens de l'avenir tiendront sans doute pour une date importante celle du 22 septembre 1914, où un petit sousmarin allemand détruisit à lui seul par la torpille, en peu de minutes, 3 croiseurs cuirassés anglais (12000 tonnes en tout) ; 60 officiers et 1200 hommes d'équipage périrent^

Cet exploit fut probablement une révélation pour les Allemands euxmêmes. Aussi ne demeura-t-il pas isolé. Les attaques sous-marines s'étendirent à toutes les zones de domination maritime immédiate de l'Entente accessibles aux rayons d'action relativement faibles des sous-marins de 1914. Cela suffisait pour inquiéter les maîtres de la mer dans leur possession du socle continental de l'Europe et du bassin de la Méditerranée. Et même, la Méditerranée offrait aux sous-marins un champ d'action spécialement favorable, pour des raisons géographiques et politiques : découpures des côtes et multiplicité des abris de ravitaillement, grandes profondeurs restreignant ou interdisant l'emploi des filets et le mouillage des champs de mines, neutralité équivoque de l'Espagne, neutralité hostile de la Grèce du roi Constantin.

C'est pourquoi les torpillages du Formidable dans la Manche, ànjcan- Bart et du Léon-Gambetta dans la Méditerranée, suivirent de près les premiers et furent eux-mêmes suivis de beaucoup d'autres.

Mis en goût, les Allemands déclarèrent les côtes ennemies en état de blocus (janvier 191 5) ; ils s'attaquèrent aux bateaux de commerce alliés ; ils les torpillèrent sans avei"tissement. Le 9 mai 191 5 le Lusitdnia sombrait dans la mer d'Irlande avec la majeure partie de ses passagers. Le torpillage de ce grand paquebot et la noyade de femmes et d'enfants qui en fut la conséquence ne seraient qu'un exemple, entre bien

1. « La torpille est devenue arme courante, d'arme d'exception ou de circonstance qu'elle était. Sa portée de combat s'est accrue à un tel point qu'elle va, si elle ne l'a fait déjà, égaler celle de l'obus ; elle peut donc intervenir dans toutes les phases du combat naval, d'où nécessité de compter toujours avec elle et d'adapter la tactique à son emploi régulier » A. Rousseau, Les leçons de la guerre navale [Ligne maritime du 23 mars 1919.

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d'autres, de la férocité allemande, si la catastrophe du Liisitania n'avait servi d'amorce au grand mouvement d'opinion qui entraîna deux ans plus tard les Etats-Unis dans la guerre. Le cas du Lusitania déchaîna une impulsion collective d'ordre moral, comme il s'en est trouvé souvent au cours de l'histoire, pour faire équilibre ou contrepoids à la fatalité historique et au déterminisme géographique.

Mais, pour le moment, la guerre allemande réussit, dès 191 5, à limiter et à contrarier dans une certaine mesure la domination de la mer possédée par l'Entente franco-anglaise depuis le 3 août 19 14.

Heureusement, les ennemis insaisissables et invisibles, qui ressuscitaient avec de nouveaux procédés l'ancienne guerre de dispersion des corsaires, au lieu de la guerre de concentration prévue par tous les états-majors, étaient encore peu nombreux et médiocrement armés : car avant la guerre TAllemagne, désireuse d'écraser la flotte anglaise sous les coups de ses cuirassés, ne dirigeait pas son effort du côté de la guerre sous-marine. Telles quelles pourtant, les premières actions offensives des sous-marins suffirent à mettre fin aux croisières triomphales oii les cuirassés de l'Entente paraissaient affirmer, dans la mer du Nord et en Méditerranée, leur domination de la mer : croisières où les bateaux-amiraux auraient pu arborer, comme autrefois l'amiral hollandais Tromp dans la Manche, un balai au haut de leur grand mât'.

La promenade en haute mer devenait inutilement dangereuse : les escadres cuirassées rentrèrent dans leurs rades, où elles se protégèrent par des filets d'acier et par des chapelets de mines, tout comme les escadres allemandes et autrichiennes à Wilhelmshaven, à Kiel, à Pola et à Cattaro.

Les dreadnoughts des deux adversaires paraissaient voués à la même attitude passive et. pour trancher le mot, à la même inutilité. Ces bateaux du coût de 60 millions chacun,

I. Cette fanfaronnade de Tromp se place dans la guerre anglo-hollandaise de 1651-1654 ; elle fut rudement punie par Blake.

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montés chacun par i 200 hommes, étaient obHgés de s"abriter au fond des rades : la haute mer se fermait devant eux.

Mais l'identité de situation entre les forces maritimes de l'Allemagne et celles de l'Entente n'était qu'une apparence trompeuse. La carte nous le montre clairement. Les escadres allemandes étaient au fond de ports de refuge d'oij elles ne voulaient pas sortir. Les escadres alliées étaient réunies sur des points de concentration judicieusement choisis, d où, au premier signal, elles auraient pu s'élancer contre i'ennemi, si celui-ci avait eu l'idée de promener son pavillon sur le vide apparent des mers. Ces points étaient surtout, pour l'escadre anglaise, la rade de Scapa Flow aux Orcades et le Firth of Forth. et, pour l'escadre française, Malte et Moudros. puis, à partir de 19 16, Salonique et Corfou.

Aussi, quoique la Méditerranée parût vide, la flotte autrichienne ne tenta rien ; au reste, la disproportion des forces navales de surface dans cette mer devint écrasante à partir de lentrée de l'Italie dans la guerre (24 mai ICI')). Dans la mer du Nord, quoiqu'elle parût vide aussi, les Allemands ne purent faire autre chose que de rapides bombardements des côtes anglaises ; ils étaient exécutés par des croiseurs de vitesse à la faveur des épais bancs de brume qui sétendent fréquemment sur cette mer. Encore ces expéditions ne se firent pas toujours impunément. La flotte britannique réussit parfois à gagner de vitesse ses adversaires, à les saisir et à les couler. Ainsi périt au combat du Dogger-Bank le croiseurcuirassé Bliicher (24 janvier 19 15).

En fait, les flottes de lEntente demeuraient maîtresses de la mer. Mais le risque des piqiires souvent mortelles de rinsaisissable ennemi changeait la domination maritime continue en une domination intermittente. C était déjà, pour la campagne navale de l'Allemagne, un résultat notable, dont nous n'avons pas assez estimé la valeur. Car les puissances de l'Entente avaient un besoin plus impérieux que jamais de relations maritimes continues avec 1 au delà de la mer. Toute intermittence dans ces relations, si courte quelle fût, apportait un trouble grave dans l'économie guerrière des puissances occidentales et surtout dans celle de la Russie, déjà aux trois quarts bloquée. La Russie ne respirait plus que par Arkhangel : le port d'Arkhangel est pris par les glaces de la tin d'octobre au début de mai ; les sous-marina

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allemands tâchèrent de le bloquer le reste de Tannée, et la route de TEcosse au cap Nord fut une des premières où ils se mirent aux aguets. Leur grand succès sur cette route fut le torpillage du Hampshire et la mort de Kitchener qui se rendait en Russie (V'' juin 191 6). Qui sait si la Russie ne perdit pas plus que l'Angleterre à la disparition de la force organisatrice que Kitchener représentait^ ?

Dès la première année de la guerre, les sous-marins allemands, sans détruire la domination de l'Entente sur les routes maritimes, réussissent à provoquer un état d'insécurité et d'inquiétude qui ne faisait que croître à mesure que les attaques se faisaient plus nombreuses, plus hardies et plus heureuses -. Les sous-marins attaquaient à la torpille et au canon : à la torpille quand ils n'osaient pas émerger, et au canon lorsque, loin des côtes surtout, ils avaient affaire à des bateaux isolés et sans défense. Au milieu de 191 5, ils détruisaient en moyenne 100 000 tonnes par mois de bateaux de l'Entente et de bateaux neutres : car ils s'attaquaient indifféremment aux uns et aux autres, et non sans raison à leur point de vue, puisque tous les bateaux contribuaient plus ou moins au ravitaillement maritime de l'Europe armée contre l'Allemagne. La marine norvégienne, si prospère avant la guerre, souffrait particulièrement. Au i"'" janvier 191 7, avant la guerre sous-marine à outrance, elle avait déjà perdu 274 bateaux et 395 63 1 tonnes, 18 p. 100 de son tonnage du r"" août 19 14.

La marine allemande employait aussi d'autres moyens moins efficaces, car il était impossible d'en diriger sûrement l'action : c'étaient les champs de mines mouillées sur petits fonds, et les mines dérivantes au gré du vent et des courants. Les champs de mines barraient utilement l'entrée de la Baltique, où les Allemands étaient les maîtres ; ils ne réus-

1. Kitchener s'est montré en Angleterre un organisateur militaire de premier ordre ; il eût pu faire la même chose pour la Russie, à condition d'être soutenu par un gouvernement d'intelligence et de volonté. Kitchener ne possédait pas à un degré suffisant l'intelligence politique générale ; il le montra plus d'une fois.

2. Ce que nous avons dit au chapitre vni sur les routes de terre s'applique aussi bien aux routes de mer. Ce qui fait la route, c'est avant tout la sécurité du passage.

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sissaient pas à intercepter les avenues de la mer du Nord, où les dragueurs anglais ne cessaient de les retirer. Cela montre bien que l'emploi utile des champs de mines dépend de la maîtrise de la mer et ne la procure pas ^ Q.uant aux mines dérivantes, elles rendirent souvent dangereux l'accès des ports, quand les courants portaient à la côte, comme dans l'entonnoir oriental de la Manche. Mais, dans la mer du Nord, elles furent aussi incommodes pour les Allemands que pour leurs adversaires, car les courants généraux de cette mer portent dans le Deiifsclicr Bucht et sur la côte occidentale du Jutland, où de nombreuses mines vinrent échouer sur le sable entre Blaavand Huk et Hanstholm.

Les Allemands firent aussi des tentatives sporadiques pour arriver par la voie des airs à la conquête de l'île anglaise inaccessible, et par là à la conquête de l'Océan. Ayant déjà tenté la conquête de la mer par la terre, il n'est pas surprenant qu'ils l'aient essayée aussi au moyen de la navigation aérienne. Dès les premières heures de la guerre, le LuftschiJJ était pour eux une arme maritime et confiée à un personnel de marins. Les Zeppelins étaient les auxiliaires des dreadnoughts et des croiseurs. Ils furent employés comme moyens d'information, pour surveiller les mouvements des flottes, et comme moyens d'intimidation des populations civiles et de destruction des usines et des arsenaux. Ils ne répondirent qu'imparfaitement aux espoirs fondés sur eux ; tout le monde se rendit compte, dans les camps adverses, que la mer ne serait pas plus conquise par la voie des airs que par la voie de terre ; les hydravions, qui succédèrent aux Zeppelins, portèrent des coups plus meurtriers, mais non plus décisifs. Il parut certain à tous que la mer ne serait conquise que sur mer.

Les Allemands firent un dernier effort pour tenter la chance de la bataille, à rengagement connu sous le nom de bataille du Skager Rak ou du Jutland (3i mai 191 6) : les deux noms sont exacts, car le combat, commencé à Touvert du Skager Rak, continua, le long des côtes Ouest du Jutland, par une course éperdue vers les eaux allemandes.

On ne saura que plus tard ce que voulaient au juste les Allemands et pourquoi ils firent sortir de TElbe une flotte nombreuse, pour la première et pour la seule fois depuis le

I. Le champ de mines anglais de la mer du Nord nuisit plus aux Allemands que les mines allemandes ne nuisaient aux Anglais. Les mines anglaises allaient du Texel aux grands fonds du ravin de Norvège, près de Stavanger. Les sous-marins allemands ne pouvaient passer que par .une sorte de goulot étroit où ils étaient exposés à toutes sortes de dangers : ils ne pouvaient respirer que dans les parages des Shetland.

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