‹ La géographie de l'histoireChapitre 91 sur 216 · FRONTIERES COLONIALES OU FRONTIERES ERAUCIIEES · texte numérisé non relu

FRONTIERES COLONIALES OU FRONTIERES ERAUCIIEES

Le tableau de l'évolution des frontières que nous venons d'esquisser ne s'applique qu'aux pays qui ont derrière eux un long passé d'histoire politique, c'est-à-dire à l'Europe et à l'Asie. Sur les continents qui ont vu les deux stades de l'histoire coloniale, en Amérique et en Afrique, la frontière a acquis de bonne heure la précision linéaire, sans passer par la gestation des marches incertaines : mais 'c'est une précision toute provisoire et temporaire, subordonnée dans le devenir aux conditions souveraines de la répartition du peuplement et de la valeur du sol. En Europe, la frontière finit par se préciser en une ligne qui n'est point arbitraire, et qui est un produit du déterminisme géographique et historique. En Amérique et en Afrique, la frontière consiste dès l'abord en une démarcation linéaire où les lois de la géographie et de l'histoire n'ont rien à faire, ou à peu près. Dans la répartition des terres coloniales se montre donc au premier abord une victoire de la volonté humaine sur la nécessité, puisque le sol est découpé en tranches selon des plans arrêtés et définis. Mais c'est une victoire sans lendemain. Les frontières ainsi fixées ne demeurent stables qu'aussi longtemps que le sol qu'elles sillonnent est sans valeur. Dès que les diversités géographiques sortent de terre grâce au peuplement, aux voies de communication et à la mise en culture, les cadres d'abord

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