‹ La géographie du TalmudChapitre 102 sur 219 · I-IVRE PREMIER. LA PALESTINE · texte numérisé non relu

I-IVRE PREMIER. LA PALESTINE

de lin en Galilée; les femmes, disent les Talmuds1, y confectionnaient dos vêtements de lin filé d’une grande finesse.

La Galilée, comme nous l'avons dit, était habitée par' des juifs et des païens; c’est pourquoi ceux-là portaient deux noms, l’un étranger et l’autre purement juif2 3 *. «Les juifs de la Galilée sont laborieux, hardis et vaillants :t; c’est pourquoi, dit Josèphe ‘, ils sont plus irritables et plus portés à la révolte que les habitants de la Judée. » Les Talmuds5 * * 8, de leur côté, nous présentent les Galiléens comme des gens querelleurs : ils avaient fait vœu de ne pas se rendre service mutuellement. Il est vrai que R. Y osé le Galiléen loue l’amour de la paix, mais on no peut rien conclure sur le caractère d’un peuple par les maximes de ses savants G. R. Yohanan ben Zakaï n’a-til pas prêché la concorde au milieu des dissensions les plus graves qui divisaient Jérusalem? On n’omet cependant pas de relater dans les Talmuds un trait curieux qui dénoterait chez les Galiléens un profond sentiment de charité: «Dans un endroit de la Galilée supérieure on avait soin de faire servir tous les jours à un pauvre vieillard une portion de volaille, parce qu’il avait l’habitude de prendre cette nourriture aux jours de sa prospérité ". » Les Galiléens, raconte leTalmud K,étaientplus soucieux de l’honneur que de l’argent, le contraire était vrai en Judée. En Galilée la veuve restait dans la maison du

1 Toi. de Bab., Baba Kama , 119; Bereschith rabba, ch. 20.

* Tosiftho, Guittin. ch. 6. bh'.Z pilNÏ rmiTC ITiN Pl'Cr

3 Josèphe, Ant. XIII, v, 6; Guerre , III, in, 1.

1 Vita, 17; cf. Actes des Apôtres, v, 37.

5 Tal. de Bab., Nedarim, 48 a. vn pep TÏN

s Cf. Beu Hananyah (jour, allem.}, 1864. col. 82.

1 Tosilïha, Péah, ch. 8.

8 Tal. de Jér., Kethouboth, iv, 14.

mari défunt, comme cela se pratiquait à Jérusalem, tandis qu’en Judée les héritiers avaient la faculté de l’éloigner, en lui rendant sa doti * 3 4.

On cite dans les Talmuds d’autres différences en matière de cérémonies religieuses entre la Galilée et la Judée : Ici les jeunes mariés pouvaient se trouver en téte-à-téte immédiatement après la cérémonie nuptiale, liberté qu’ils n’avaient pas en Galilée4. En général, dans ce pays les mariages se célébraient avec plus de décorum qu’en Judée3. En Galilée les personnes qui, lors d’un enterrement, prononçaient une oraison funèbre, se plaçaient devant la bière; en Judée elles se tenaient derrière *. Dans l’un des deux pays on observait le deuil le jour de sabbath, daus l’autre on s’en abstenait3. Les Galiléens en général étaient plus sévères dans les pratiques religieuses que les habitants de la Judée : La veille de Pâque on travaillait encore en Judée, tandis qu’en Galilée on avait déjà cessé tout ouvrage0. Les Talmuds énumèrent encore des différences dans le rite des synagogues: En Judée on suivait l’ordre de R. Akiba et en Galilée celui de R. Yohanan ben Nouri7, En Judée les tribunaux civils étaient composés de trois juges, pendant qu’en Galilée il n’y en avait qu’un seul8. En Judée on se conformait à la prescription de la Misclina qui interdisait dans les centres cultivés l’élève du menu bétail ; en Galilée on s’affranchissait de cette

i Mischnn, Ketkouboth, iv, 14.

- Tal. de Bab., même traité, 12 a.

3 Tosiflha, ibidem, ch. 1 .

-'Tal. de Bab., Sabbath, 153 fl.

3 Même Tal., Mord Katon, 23 a.

6 Même Tel., Pesahim, 55 a.

~ Tal. de Jér., Jlosch haschana, iv, 6.

3 Même Tal., Svtah, ix, 10.

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