LIVRE PREMIER. LA PALESTINE
probablement identique avec el Medjdel. Nous avons cité* déjà ce nom à propos de« Maria Magdalena. » Un R. Yiçhak Magdalaah i * (de Magdala) est souvent mentionné dans les Talmuds. Magdala était une ville d’un certain renom. « Trois villes ont envoyé des trésors énormes pour Jérusalem : Sihin, Caboul et Magdala3 *. » Elle fut détruite à cause de la profonde corruption de ses habitants3. Ce dernier trait trouve une confirmation partielle et très-curieuse dans l’épisode de la pécheresse des Évangiles « Maria Magdalena. » Comme son nom l’indique, elle était de Magdala.
Il est possible que Migdal-El de la Bible5 soit identique avec le Magdala des Évangiles et des Talmuds. La tribu de Nephthali, à laquelle cette ville forte est attribuée, possédait tout le bassin ouest du lac de Tibériade6. Le mot ‘riiD (Migdal), qui signifie « tour, forteresse, » entre dans la composition des noms de beaucoup de villes, de môme que Beth et A c/ar. Nous supposons que Magdala était le nom général de la ville ; celle-ci se composait de différentes parties, dont chacune portait le nom de Migdal suivi d’un autre mot. Tels étaient :
WJlî b~i%2 , Midgal Nounya (la tour des poissons), à un mille de Tibériade 7 8.
trias , Migdal Ceboya (la tour des teinturiers). Il s’y trouvait, d’après le Talmud", quatre-vingts boutiques
1 Cf. ci-dessus, p. 14.
* Tal. de Bab.. Baba Mecia , 23 a.
3 Tal. de Jér., Taanitk, iv, 8,
•* Midrasch E h ha , ji, 2; le Tal. de Jér. a ici Migdal Ceboya.
SJosué, xix, 38.
6 Cf. ci-dessus, p. 23.
7 Tal. de Bab., Pesahim, 46 b.
8 Tal. de Jér., foc. cit.
I,A GEOGRAPHIE DI' TALMl'D
de tisserands en laine fine, et, d'après leMidrasch trois cents boutiques où l’on vendait des pigeons pour les sacrifices.
Les différents livres talmudiques confondent souvent les deux noms de Magdala et de Migdal Ceboya. Ainsi, à propos du bois de Schiftim employé au tabernacle, le Midrasch 1 dit qu’il provenait de Migdal Ceboya ; le Talmud de Jérusalem 3 rapporte qu’il venait de Magdala. Le Talmud raconte qu’un certain Nikaï4, bedeau et maître d’école à Migdal Ceboya, arrangeait les lumières dans la synagogue le vendredi, allait à Jérusalem prier et revenait encore assez à temps pour allumer les lumières avant l’entrée du sabbath5. Le Midrasch (', qui rapporte le même fait, dit Magdala au lieu de Migdal Ceboya. Nous n’hésitons donc pas à prendre Migdal Ceboya pour une partie de Magdala.
Jijre rrz, Betli Maon se trouve, d’airrès le Talmud 7, entre une localité appelée Palatatha et Tibériade. « On monte à Beth Maon quand on vient de Tibériade et on descend vers ce lieu en arrivant de Palatatha. » Ce Beth
1 Midrasch Ekha, loc. eit.
5 Midrascli Scbir ha-Schirim, i, 18.
3 Petakim, îv, 1 .101302 TH CÏ2SH i’i'N
■*Tal. de Jèr. , Maaser Schenl, v, 2. ”03
s On veut dire que le voyage vers la capitale était facilo en Palestine avant la guerre. On raconte dans le même passage ces sortes de voyages, des habitants de Lod, de Muhlûl et de Sepphoris.
6 Midrasch Ekha, iii, 3.
" Tal. de Jér., Sola, i, C ; Baba Meda, vr, 1 (1. Iljro) r’f.’C JT2 N'-'icc nz pVijn nnateo nz ctiv». Le mot nnc?o (nn:^c) dan3 le Midrasch Bamidbar rabba, ch. ix est peut-être le mot palativm. Le Midrasch [Bereschilh rabba, ch. 85) porte pour le même passage: « On descend vers Belli-Maon de Ktfar Sobthi (TZUr '£“)• » Cette dernière localité pourrait êtro identifiée avec le village actuel Ktfr Sabt, au sud-ouest de Tibériade,