LIVRE PREMIER. LA PALESTINE
passage talmudique nous apprend que la montée vers Meron était très-étroite; deux personnes ne pouvaient pas marcher l’une à côté de l’autre *. Cette donnée s’appliquerait bien à la ville de Meroth que Josèphe 4 avait fortifiée et qui se trouvait sur une hauteur. Meron, noùs apprend l’élégie de Kalir3, était un poste de prêtres.
Il faut se garder de croire que la ville de Schimron Meron4 de la Bible, soit identique avec Meron5; le Talmud dit expressément : « Schimron. c’est Simonia6. » Il est encore très-douteux si la ville de Meroz de la Bible 7 (quelques savants proposent de lire Meron) est la même que notre Meron. On placerait plutôt Meroz, d’après l’ensemble du passage biblique précité, dans le voisinage du mont Tabor. Peut-être la ville do Madon,
rendu dans le Targoum par {sTl'ülO, M. Rappoport prouve par le verset (Ezéchiel, xxxix, 9) que les lances ainsi que les autres armes étaient faites de bois. Nous croyons ces étymologies trop hasar ’ées ; le mot a en syriaque la signification de
« bâton, lance. » La lance dont il est question dans le passage (I Samuel, xiu, 22) esL au contraire de fer, car on dit que les Israélites transformèrent leurs instruments aratoires en épées et en lances.
L’exp ication du nom «mérinos» par le mot araméen J’iCN « brebis, » que le même savant donne à propos de Meron, où l’on trouvait des grands troupeaux, est insoutenable.
< Tal. de Bab., Rosch haschana, 15 a. jyiio Cf. Rasclii pour ce passage.
* Vita, 37; Guerre, II, xx, 6.
3 ,3''CIÎ2 irzn "’CCir- Le sens de ce passage est assez dif-
ficile. M. Rappoport (l. e.) l’explique en disant que le Temple fut détruit pendant que les prèlres de Meron y étaient de service. Le Talmud de Jérusalem [Taanilh, iv, 5) fait également allusion au poste des prêtres de Meron.
1 Josué, xn, 20.
5 Le mot y est peut-être une faute de copiste, on ne le trouve point dons les Septante.
KCf. ci-dessus, p. 189.
" Juges, v, 23.
où la version des septante lit Meron ’, est-elle identique avec le Meron des Talmuds et le Meroth de Josèphe. On trouve aujourd’hui un village de Meïron* au nord-ouest de Safed.
Biri ou Biré se trouve cité avec Akhbara, Meron et Gousch Halab, Le Talmud rapporte3 * que les villes d’Akhbara et de Biri se disputèrent le corps de R. Eliézer. Nous avons vu à l’article précédent que cette querelle eut lieu entre deux autres villes; nouvelle preuve qu’il ne faut accepter qu’avec beaucoup de réserve les données historiques et géographiques fournies par les Talmuds. Un village, Biria, se trouve à l’est de Meïron ; il est peut-être identique avec le Biri des Talmuds.
2?n îTU. Gousch Halab est renommé pourl’abondance de ses huiles. Le Talmud raconte1 * : « On avait une fois besoin d’huile à Laodicée: on envoya à Jérusalem et à Tyr pour en acheter, mais on ne trouva la quantité voulue qu’à Gousch Halab. Voilà pourquoi il est dit dans la Bible, à propos de la tribu d’Ascher : il trempe ses pieds dans l’huile. » Gousch Halab se trouvait donc dans les possessions de la tribu d’Ascher, et on peut l’identifier avec la ville biblique d’Ahlab 5 *. Nous avons déjà cité d’autres passages talmudiques où il est question des huiles abondantes de Gousch Halab ®.
La Mischna7 mentionne la forteresse de Gousch
i Josué, xi, 1.
* Robinson, Bill, researches, t. II, p. 444.
•iTol. <lc Bab., Baba Meda, 84 a.
I Toi. de Bab., Menahoth. 8” J; Sipliré, Deutéronome , 345 (éd. Friedmann, p. 148 a).
5 Juges, i, 31.
Cf. ci-dessus, p. 129.
' Rrakhin, vin. 0. Pr iVpni