LIVRE PREMIER. LA PALESTINE
dieu Pan1 *. C’est de cette grotte que les Tamulds, ainsi que Josèphe, font sortir la source du Jourdain5. Un passage talmudique3 * l’appelle « la grotte de Kisrion (Césarée). » Panéas possédait une communauté juive au temps de l’empereur Dioclétien. Le Talirmd l. qui fait venir cet empereur à Panéas, raconte qu’il y traita durement les Juifs.
Quelques savants5 croient que l’endroit biblique Baal Gad est identique avec Panéas; Cad représenterait l’idole qu’on y adorait. Les environs de Panéas sont en effet réputés comme des lieux pleins d’idolâtres. A Dan on adorait l’image de Mikha; Yéroboam y érigea les deux veaux d’or, et non loin de là se trouvait l’endroit de Tarnegola où l’on adorait probablement le dieu Tarnegol 6. On peut ajouter que la situation de Baal Gad, au pied du Hermon, se prêterait bien à son identification avec Panéas.
Panéas est identique avec le village actuel de Banyas.
JVOpl p-cp, Kisrion et Kisrin, la Césarée de Philippe, n’est autre, dit Josèphe7, que Panéas agrandie par le tétrarque Philippe. Elle reçut ce nom pour la distinguer de Césarée de Palestine. Le nom Kisrion. que les Talmudslui donnent, est une forme diminutive équivalant à « la petite Césarée,» par opposition à l’autre Césarée bien plus importante8. Le Talmud place expressément cette
1 Winer, Bibl. reahrœrlerbuch, t. J, p. 207.
* Cf. ci-dessus, p. 29.
3 Mckkiltha, ffeschalah (cd. Weiss, p. 63 b).
* Tal. de Jér., Theroumoth, vin, 10.
•< Cf. M. de Raumer, Palaslina, p. 24”,.
6 M. Schwarz, Dm lieiliye Land, p. 30,
7 Ant ., XVIII, il, 1 ; Guerre , II, ne, 1.
* Cf. ci-dessus, p. 91-96.
ville dans la Galilée supérieure. « R. Eliézer 1 passa le sablmth dans la cabane de R. Yohanan ben Haï à Kisri ou à Kisrion.en Galilée supérieure. » Cette ville est regardée comme le dernier point de la Terre d’Israël. On dit proverbialement de quelqu’un qui a fait un long voyage : # Tel est allé à Kisrin s. »
Panéas et Césarée de Philippe, d’après l’opinion générale, sont identiques. Il faut cependant remarquer qu’on rencontre ces deux noms simultanément dans le Talmud, comme nous venons de le voir, ce qui est rare chez les lalmudistes3; quand il s’agit de Dioclétien, ils emploient exclusivement le nom de Panéas. Peut-être une partie de Césarée consérva-t-elle le nom de Panéas; peut-être aussi, sous Dioclétien, ou même auparavant, préférait-on le nom de Panéas, qui se rapjiortait à une divinité romaine, à celui de Pliilip{>e, son fondateur juif. Le nom de Panéas semble l’avoir définitivement emporté, car dans les relations du moyen ûge nous trouvons Del inas, qui se rapproche de Panéas, et non Césarée.
NIYCiO, Sousitha, très-souvent citée avec Tibériade, est habitée par des païens *. Ce fut pendant un certain temps, selon les Talmuds ', une ville ennemie de Tibériade. Les deux villes, situées sur les rives opposées du lac, étaient en relations fréquentes. «'Lesmarchan 1s, dit le Talmud 6, allaient et venaient de Sousitha à Tibériade. » Un passage du Midraseh 7 nous indique même
• Tal. de Bab., SouMa, 27 a.
* BereschitK rabba, ch. 68. pC-
3 Cf. ci-dessus, p. 87.
I Tal. de Jér., Bosch huschana, il, 1 .
5 Midraseh Ehha , i, 18.
6 Tal. de Jér., Schebtith, vni, 3,
7 Bercschith rabba, ch. 32.