‹ La géographie du TalmudChapitre 129 sur 219 · LIVRE PREMIER. LA PALESTINE 23Ti · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. LA PALESTINE 23Ti

de son maître Yeschou Pandéra, à R. Eliézer (ben Hyrcanos, contemporain de R. Akiba), qui le rencontra dans la ville haute de Sepphoris. Cette règle parut juste à R. Eliézer, qui l’approuva. Aussi ce docteur fut-il un instant accusé d’appartenir à la nouvelle secte. Il fut cité devant le Hegemon (gouverneur) qui l’apostropha en ces termes : « Est-il convenable qu’un grand homme comme toi s’occupe d’opinions aussi dénuées de valeur? » R. Eliézer, dit le Talmud, donna une réponse évasive et fut sauvé. Ce passage nous apprendrait que les talmudistes entretenaient des relations avec les premiers chrétiens; nous reviendrons sur ce sujet dans notre partie historique.

R. Ismaël dont il s’agit dans l’histoire précitée, est Rabbi Ismaël ben Elisa, qui habitait Kefar Aziz, en Idumée1. Tous les deux, R. Ismaël et R. Akiba, ont encore vu la destruction du second Temple. Ce Jacob, qui était en relation avec eux, a donc dû être un des disciples de la seconde ou troisième génération de Jésus. Ce n’est certainement pas Jacques, frère de Jésus, car le Talmud n’aurait pas manqué de le dire.

Kefar Sama est peut-être identique avec le village actuel de Kcfr Soumeîa *, au nord-est d’Acco, entre cette ville et Safed. Le Midrasch mentionne un lieu du nom de Gobalh Schamaî 3, probablement un quartier de Kefar Samaï.

no'NZi rri'iO, Baïna et Baïma sont également des villes (englouties) qui comptent encore comme Terre

* Cf. ci-dessus, p. 117.

S Cf. la carte de M. Van de Veille.

3 Bereschith rubba, ch. 34. rzi7 « 1® hauteur de Semai. » Cf. sur le motpsu ou nr02U< P-

236 LA GÉOGRAPHIE DU TA LM l’ D

d’Israël1. Au lieu de Baïna, laTosiftha4 porte Belh Ana; il n’y a donc j»as de doute que Baïna ne représente la ville biblique3 Beth Anath, delà tribu de Nephtbali. On peut identifier Baïna avec le village d ’El-Baneh au sud de Kefar Soumeïa. Quant à Baïma, nous ne trouvons aucune localité avec laquelle nous puissions l’identifier.

Nous allons énumérer quelques villes que les traités géographiques modernes placent en Pérée, mais qui, d‘après le Talmud, appartiennent à la Galilée, bien qu’elles soient situées au delà du Jourdain.

DN'iC, Panéas, identique, d’après le Talmud3, avec le Leschem de la Bible, identification très-douteuse; Leschem ou Laïscli6 est , selon la Bible, l’ancien nom de Dan. Or, Dan ne peut représenter Panéas, puisque Josèphe7 cite un endroit du nom de Dan, près de Panéas. Le Talmud8 aussi mentionne un Kefar Dan, lieu natal d’un certain R. Yosé. Le Targoum de Jérusalem® rend le mot Dan par Dan de Kisrion (Césarée) et nullement par Kisrion ou Panéas. La situation et le nom de la localité moderne de Tell-el-Kaily 111 nous feraient volontiers croire qu’elle occupe l’emplacement de Dan.

Panéas ou Panias tire son nom d’une grotte qui se trouvait dans son voisinage, et qui était consacrée au

1 Tnl. de Jér., Orlah, 'vers la fin.

- KtlaJm, ch. 2. jxjî IT3

3 Josué, xix, 38.

••Robinson, Bibl. researches, t. III, p. 86.

8 Tal. de Bab., Meguillah , 6 a.

9 Josué, xix. 47; Juges, xvm. 29.

7 Ant. VIII, vin, 4 ; Guerre, IV. I, 1 .

8 Tal. de Jér., Piah, il, 1.

9 Genèse, xiv, 14. pi^cpl p *1JL Le Midrasch Samuel, ch. 32, rend cependant par D'’7£>

19 M. de Raurner, Paleeslina, p. 123.

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