LA SOURYA (SYRIE ,N'DD
Sous le nom de Sourya on désigne une partie des contrées situées au nord-est de la Palestine, ce qu’on appelle aujourd’hui la Syrie. Ce pays, nous l’avons dit1, est considéré tantôt comme appartenant à la Palestine, tantôt comme un pays hors de la Palestine. Vers le nord, Sourya s’étendait, d’après les Talmuds, jusqu’à Antioche*; la démarcation vers le nord-est n’y est point indiquée, et nous sommes réduits à nous en rapporter à un passage de Maimonide, qui sans doute est fondé sur d’anciennes traditions.
Ce docteur du moyen âge dit 3 que Sourya renferme les pays que David avait conquis ; il eu donne l’énumération dans un autre passage ‘ : « Sourya comprend les pays au delà d ’Ereç Israël, vers Aram Nahraîm (la Mésopotamie), Aram Çoba (les environs d’Alep) et tout le rivage de l’Euphrate (à l’ouest) jusqu’à Babel. Ainsi
1 Cf. ci-dessus, p. 2.
2 Cette ville est considérée comme la première dans les pays ■ hors de la Terre; » cf. notre article sur Antioche.
3 Yad Huhazakah, HdaUtoth TheromnaA, i, 1.
1 Undem, 9, C'"n: D'IN 122 nDDÏI TN'r’ pNO N'^D NVJ iTW NSV31 JDiCl pm D^i-iNI prc-i jUD 122 1 y mo T b2 N21Ü C'Nl
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LIVRE SECOND. PAYS HORS DE LA PALESTINE 2)3 Damas, Alep, Haran, Manbedj1 * et d’autres villes jusqu’à Sinéar (Sindjar) et Çohar - sont considérés comme Sourya. » Nous suivrons le système de Maimonide, et nous nous arrêterons, dans l'énumération des villes de la Sourya, aux environs d’Alep.
On ne mentionne aucune grande communauté juive dans le pays de la Sourya. Nous croyons pouvoir même conclure d’un passage que le pays de la côte contenait peu de Juifs. « Les habitants de Bar-Aschtor demandèrent à un docteur si, puisqu’on y trouvait peu de Juifs, ils pouvaient s’acquitter de la dinie entre les mains des païens3 *. » Il est probable que tout en possédant des terres en Sourya bien des Juifs préféraient demeurer en Palestine.
Ville* de la Sourya.
US, Çor, nom biblique 1 pour la ville phénicienne de Tyr. Comme Césarée, elle est appelée dans les Talmuds « la grande ville5 » et la « ville de vieG » (ville
I Nos éditions portent 22201» nous avons corrigé 22201 d’après les msc. de la Bodleienne à Oxford (Opp. add. 23 et 30).
4 liTU est peut-être la localité de Zehereh ; cf. Ritter, die Erdkunde, t. X, p. 946.
3Tal. de Jér., Abodah zarah , i, à la fin ; cf. ci-dessous, p. 300.
i Isaïe, xxm, 7.
5Midrasch, Ekha, n, 7, na ^>1U "p2- Schwarz ( Das h. Land, p. 154) croit que le mot C”D"'0 (Tal. de liai)., Metjuillah, 26 a) se rapporte à Tyr ; il le traduit par « la synagogue des Tyriens ; » nous ne croyons pas que le nom de Tyrus ait été usité parmi les Juifs. Nous parlerons plus loin du mot C1'D''E-
«Tal. de Jér., Kilaïm, ix, 4, n» DTin miTN |’N NPm rrrroni pep îTnrcm ; cf. ci-dessus, p. 1 3.
agréable). Tyr, en effet, aux premiers siècles de l’ére vulgaire, était encore une ville florissante et industrieuse ; elle possédait deux ports : l’un tourné vers l’Égypte et l’autre versSidon1. Il est probable queleTalmud se reporte à la fondation de Carthage par une colonie de Tyr, quand il dit : « De Tyr jusqu’à Carthaguéné on connaît les Israélites et leur père au ciel ; mais do Tyr vers Test et de Cathaguéné vers l’ouest, on ne les connaît plus. 4 » On rencontre des docteurs originaires de cette ville, ou qui s’y sont rendus. De Tyr à Sidon, on pouvait passer par des voies souterraines, disent les Talmuds 3. L’interprélation agadique établit une distinction dans la Bible pour le mot Çor écrit avec ou sans vav ; le premier se rapporte à Tyr et le second à Rome *. La Misclma mentionne souvent la monnaie de Tyr 5. Aujourd’hui sur l’emplacement de la ville de Tyr il existe une localité sans importance, appelée Cour.
]TS. Sidon, autre ville phénicienne, où Ton trouve également des docteurs allant et venant ; de nos jours, Çaida, plus à l’ouest que l’ancien Sidon, est une ville de 8,000 habitants0.
1 Cf. Winer, BiU. Rcahcccrtaluch , t. II, p. 639.
*Tal. de Bub., Menahoth, à la fin, rx pTCO T7u''p *7]/l "HSC
mœ’oto 'i’rtsipoi :pj?d 'cbî -nasi cror cmx rtxi 7x~r’
ÎJT2N X7>1 ^S'TJ’nX P’rD Î'X- M. Schwarz (Bas A. Land, j). 274) corrige avec raison rfTO "ïtSDl, car à l'ouest de Tyr se trouve la mer. Nous ne savons a quoi le Talmud fait allusion en disant que de Tyr jusqu'à Carthage on ne connaît pas Dieu.
Tal.de Jér., Broul/iu, vi, 1.
4 Beresckitk rubba, ch. 62. La ville de Tyr s'écrit en hébreu ns pie** et-is defecte.
5Mischna, Behhorotà , vin, 7, '~ilü 'Tï Cf. M. M. A. Levy,
Ueschichte der judischen Miinzen, Lcipsik, 1862, p. 155.
B Winer, loc. cil., a. v.
La côte phénicienne était célèbre par sa pourpre 1 et jiar la fabrication du verre ; Zébu Ion, dont les possessions s'étendaient presque jusqu’à Sidon, aurait reçu ces avantages en récompense de la stérilité de son territoire. L'agadiste raconte : « Zebulon s'étant plaint que la possession de Nephthali était semée de vignes et de champs fertiles, aurait eu pour réponse que tous les peuples seraient obligés de recourir à lui seul, à cause de la pourpre et du verre qu'il fabrique, car il est écrit : Les peuples goûteront l’abondance de la mer : de ce qui est enseveli, de ce qui est caché et du sable. Enseveli (Sephouné, ’:iod) est une allusion au murex qui produit la pourpre; caché (Temouné, ’ilDB) est une allusion aux poissons et sable fllol, 1>in) est une allusion au verre. i »
Le Midrasch explique le passage biblique « et sa côte ira jusque vers Sidon » par la localité de Zeboud de Guélilah, selon un docteur, et par celle de Bagdal de Yo, selon un autre 3.
nWjn TCI, Zeboud de la Galilée est peut-être la localité de Zebdani, au Liban, sur la route de Damas L
v~ Bagdal de Yo ; au lieu de irc il faut sans doute lire Viso (Migdal); nous croyons pouvoir Pidentifler avec la localité de Médjdel Y on 5, au nord-est de Sidon.
1 Cf. ci-dessua, p. 197.
*Tal. de Bab., Mtgwllah , G a, Yl lin m» TVJTCt: )v6n 11 'ilDÜ
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■i Btretchith rabba, ch. 98, rft'l’n TC1101N N"1 jlTX bv trOTl
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> Rilter, die Brdkvnde, t. XVII, p. 232.
Robinson, Bibl. reseurches, t. lit, p. 37 ; le copiste a négligé le ; de pn. M. Schwarz [l. c., p. 139) propose la leçon de vp 'l'UD croit l’identiüer avec Bourdj cr-Riu.
LA GEOGRAPHIE DE TALMl'D
On mentionne d’ailleurs dans les Talmuds un eudroit Beth-Zabdê, en Sourya, et qui n’est autre que la localité précitée, Zebdani. « On a institué une demi-fête le dixsept Adar, parce que les docteurs persécutés par les païens dans les villes de Khalkis et de Beth-Zabdé 1 furent miraculeusement sauvés. »
D’pPa, Khalkis est sans doute la ville de Chalcis à l’est de Tripolis, appelée aujourd’hui Anjar *.
l’pODin, Dormaskin est appelé la porte du paradis, o Si le paradis doit se trouver entre les fleuves, c’est Dormaskin » Il n’y pas de doute que Dormaskin ne soit la même ville que le Darmeschek, ou le Daineschek de la Bible 4, et aussi le Damas moderne. Les Arabes considèrent encore aujourd’hui cette ville comme le paradis terrestre. Damas se trouve en effet dans un pays des plus pittoresques, fertile et riche en eau. Au milieu de ces régions brûlantes, ces avantages lui ont valu la qualification, très-méritée, de paradis. Dans l’antiquité elle était célèbre pour la fabrication de ses tissus 5 ; aussi disait-on proverbialement: « Tu apportes de la paille à Aphraïm, des pots à Kefar Hana-
iMeguillath Taanith, ch. 11, ‘-jj; K’CDJf lCp PT2 “IDyya®a
otnsr maP jp-no mm 'trot mai DipPa ranca «noo ntc’Po
Le Tal. de Jér., Taanith, n, 13, lit D'pPC cl pQï ma; le Scholion Dlp’PDlp fÜHOa • Le leçon du Tul. de Jér. est préférable. Nous croyons que le mol nj'IOdoil se prendre ici comme en arabe dans le sens de « ville. » Pour le fait historique consigné dans ce passage, cf. M. Graetz, Geschichte der Jitden f2* éd.), t. III, p. 423, et M. J. Derenbourg, Essai sur l'histoire et la géographie de la Palestine, etc., p 99.
*Rilter, loc.cit., t. XVII, p. 186.
3 T. de B., Eroubin, 19 a;cf. M. Wiesner, Scholien, fasc. III, p. 16. * Isaïe, vu, 8. On appelle cette ville en syriaque plDCTV SGesenius, Thésaurus l. h., I, 346.