LIVRE PREMIER. LA PALESTINE
doméen. » D’après un passage talmudique1, ce sel a dû aussi être servi sur les tables; « pourquoi, y est-il dit, se lave-t-on les mains après les repas ? parce qu’il pourrait y rester attaché quelque parcelle de sel de Sodome, dangereux pour les yeux, et qu’on pourrait être tenté de les frotter et causer des accidents. »
La mer Hultha. Les opinions diffèrent au sujet de cette mer- Lightfoot prend ce mot dans le sens de «sable» et veut en faire le lac $irbonis au sud de la Palestine*. Selon la rédaction du Midrasch Yalkout, le Talmud désignerait par la mer Hultha « la baie de St-Jean-d’Acre, » à l’embouchure du fleuve Belus. Hultha pourrait en effet être pris dans le sens de « sable » et la mer Hultha se traduirait par « mer sablonneuse. » Mais nous ne croyons pas que les Talmuds veuillent parler ici de parties do mer appartenant à la Méditerranée, qu'ils désignent par la « Grande mer. » Bochart3 croit devoir lire nb'N (Elath) pour Hultha ou Hillha et pense à la mer Rouge. Mais il faut observer que les Talmuds étendent les limites de la Palestine vers la Syrie, et nullement du côté de l’Égypte ; de ce côté, c'est lo torrent d’Égypte ( ouadi cl- Arisch) qui borne la Palestine selon toutes les rédactions des passages talmudiques. M. Schwarz prétend que le Talmud entend par la dénomination de la mer Hultha « lo lac Phialé, » parce que, dit-il, les environs de ce lac s’appellent « Ardh el-Houleh. Pour nous, nous croyons que les Talmuds, pour arriver au nombre de sept1, nombre de prédilection, prennent à la fois les deux noms du lac Merom, savoir : le lac Samochonite
‘C'ryn r« NCCD ircno rfe ; Talm. de Bab., ffoliu, 105 b.
2 Cf. Reland, Pahestina, tome I, page 237.
3 Ibidem.
* Cf. Pirké de R. Éliézer, chap. 18.
et le lac Houleh. Pour la môme raison, ils énumèrent également le lac d’Apamée parmi les lacs de la Palestine. Et ce qui prouve combien cette classification est artificielle, c’est que les Talmuds, dans d’autres passages', nomment quatre mers seulement : le lac Samochonite, le lac de Tibériade, la mer Salée et la Méditerranée.
La Bible* semble mentionner la mer Ya'azer; ce dernier mot est rendu dans le Targoum (Pseudo-Jonathan) par Machærus3 *; mais les environs de Machærus sont un pays montagneux, où jamais un lac n’a pu se trouver. Les Talmuds voulant énumérer sept lacs en Palestine, auraient pu citer le lac de Ya’azer, au lieu de celui d’Apamée, s’il avait existé. Le mot t mer » (o’J dans le passage de Jérémie, est évidemment une faute des copistes, ce qui est prouvé par le passage d’Isaïe, où on ne lit que Ya’aze *r1.
La mer Schclyath, Scharyalh ou Schilahath , désigne probablement le lac Phialé (Bit ket-er-Râm) ; peut-être au lieu de rr^r, faut-il lire n^’O5.
La mer kpamèa ou Aspamia n’est autre que le lac
i Talm. de Jér., Schekalim, iv, 2; Sabbat h, xiv, 3. Nous croyons que tes mots fTCD dans le dernier passage, doivent être pris dans le sens de : les eaux de la plaine (de la plaine Houleh); c'est du moins le parallélisme qui demande celte traduction. Les commentateurs expliquent ces mots pur « les eaux de lin, » c’est-àdire les eaux où l’on fait rouir les tiges de la plante.