LIVRE PREMIER. LA PALESTINE
» nion de différents fleuves (ce n'est donc pas un lac » naturel.) »
Les Talmuds ne disent rien de particulier de la mer Méditerranée; elle y est appelée quelquefois « l’Océan. » Les Talmuds font mention des ports de Joppé, d’Acco et de Césarée qui se trouvent sur la mer Méditerranée.
Le lac de Tibériade s’appelle dans les Targoummim «merdeGinussar1, » probablement de l’endroit Ginussar (le Kinnéreth de la Bible) baigné par ce lac, comme son nom de Tibériade provient de la ville de Tibériade, construite sur ses bords. Ce lac était riche en poissons; Josèphe raconte* qu’il contenait plusieurs espèces de poissons, qui différaient beaucoup de forme et de goût des espèces qu’on trouve dans les autres eaux. Selon les Talmuds3 le goût des poissons variait dans les différentes mers de la Palestine. « Il y a une grande différence entre un poisson qui provient d’Acco et un poisson péché près de Sidon ou d’Apaméa. » Nous apprenons parle Nouveau Testament que les habitants des côtes du lac de Tibériade étaient pour la plupart des pécheurs. Le lac de Tibériade étant échu à la tribu de Nephthali, Josué, dit le Talmud*, imposa à cette tribu l'obligation de laisser la pêche à l'hameçon libre pour tout le monde. Le bassin du lac de Tibériade était d’une fertilité extrême5.
Le lacSamochonite (les eaux de Mérom dans la Bible,
' Targoum de Pseudo- Jono than , Nombres, xxiv, 11 ; Targoum de Jonathan, Josué, xi, 2; I Moccabèes, xi, 67, tiSùa rsvvTjaio. Josèphe, Guerre, III, X, 7, i, Xîavr, P mr.iif.
- Ibidem.
3 Bereschith rabba, ch. 3.
* Tal. de Bab., Baba Kama, 80 b.
5 Cf. ci-dessous, page 46.
sur les cartes modernes Bahr el-IIouloh) est marécageux et plein de roseaux1; les noms4 que les différentes rédactions des livres talmudiques lui donnent, signifient toujours « roseaux. »
La mer Salée est appelée aussi « mer de Sodome ; » la désignation de « mer Moi te » n’est pas employée dans les Talmuds. Les talmudistes ainsi que Tacite3, saint Jérôme4 et quelques voyageurs modernes' se sont occupés de l’action délétère des eaux de la mer Salée. Elle leur avait même fourni une locution fort pittoresque : Pour exprimer qu’on ne devait pas jouir d’un certain objet, ils disaient” : « Envoyez-en la jouissance à la mer Salée. » La pesanteur des eaux de la mer Morte avait aussi été remarquée par eux. R. Dini dit7 : « Jamais un homme ne s’est noyé dans la mer Salée. » Josèphe8, Tacite9, ainsi que Pline10 citent le même phénomène. Des voyageurs modernes* ** 1 nient cependant le fait. Le sel qu’on tirait de la mer Morte fut employé pour le service du Temple, et on l’appelle dans le Talmud * le sel so-
• Robinson, Phys, geogr., page 180.
**pQ2 (Gen., xxu, 13j; rpPlTOlD •' traduction chaldcenne du mot vrpt\‘0 (Ezéch., xxxi,5); rpo (Exod., Il, 3). L’explication du nom de ce lac, soit par le mot uraméen tfpDlD « rouge, » soit par le mol arabe samak « poisson, » n’est pas satisfaisante. Cf. Monatsschrift, de M. le D' Frankel, IsGO, p. 111.
3 Histoire, v, 6.
tComm. ad. Ezech., xlvii.
SRitter, Erdkunde, tome XVI, p. 779.
«Talm. de Bub., Pesahim. 13 b, et dans d’autres passages.
" Ibid., Sabbath , 108 b.
8 Guerre, IV, vin, 4.
9 Histoire, v, 6.
t« Histoire nat., v, 13; cf. aussi Aristote, Météorologie, livre II, ch. 3, § 39. (Trad. de M. J. Barthélemy Saint-Hilaire, p. 1 38.J
11 M. L. A. Frankel, A ’uch Jérusalem, tome 11, p. 458.